Grace de Monaco et Notre-Dame

Au sujet de mon livre autobiographique, « Ta blessure ouvre à la lumière » (Plon)
13 septembre 2022
Frère tout simplement, Jean Bulteau
par François Vayne
23 septembre 2022

La Princesse Grace à Lourdes, lors de la procession du Saint-Sacrement.

(Publié en italien dans l’hebdomadaire Maria con te, le 11 septembre 2022)

 

Il y a quarante ans, Son Altesse Sérénissime la princesse Grace de Monaco mourait des suites d’un accident de voiture, le 14 septembre 1982, à l’âge de 52 ans. C’était la fête de la Croix Glorieuse, la veille de la fête de Notre-Dame des Douleurs. L’ancienne célèbre actrice américaine, Grace Kelly, la mère d’Albert II, actuel souverain de la Principauté, repose dans la cathédrale Notre-Dame-Immaculée de Monaco. De nombreux pèlerins se recueillent régulièrement sur sa tombe, tant le souvenir de la princesse demeure vivant en raison du rayonnement de sa charité.

Grace était en effet très engagée pour des causes humanitaires, au nom d’une ardente foi chrétienne qui s’exprimait en particulier lors des pèlerinages personnels au sanctuaire marial de Laghet, dans le diocèse de Nice, ou de manière plus officielle à Lourdes (notre photo : au cours de la procession eucharistique, en compagnie du prince Albert, en juillet 1979). « Nous avons peu de clichés de la princesse Grace en prière car elle voulait se fondre parmi les pèlerins, s’abîmer dans l’intimité avec la Vierge au cœur de la Trinité, sans ostentation, humblement, loin des curieux », se souvient le chanoine César Penzo, aumônier du Palais, qui avait eu le privilège de l’accompagner à la grotte de Lourdes.

De sa famille paternelle irlandaise très catholique, elle avait hérité d’un amour profond pour la Vierge Marie. Son prénom rare, Grace, qui fut d’abord celui de sa sœur morte en bas âge, illustre à lui seul la dévotion familiale à Notre-Dame des Grâces, qu’elle aimera honorer, après son mariage avec le prince Rainier III, en allant prier le plus souvent possible à Laghet.

Aujourd’hui très âgé et fidèle au souvenir de la princesse, le Père Penzo témoigne de l’attachement de Grace de Monaco au sanctuaire de Laghet, où elle se rendait « en secret », « cherchant à ne pas être remarquée afin de pouvoir vivre sa foi librement, comme tout chrétien, soucieuse seulement de se tenir sous le regard de Dieu ». Là, dans le silence et la discrétion, la princesse confiait à l’intercession de la Mère de Dieu toutes les personnes dont elle s’occupait, notamment dans le cadre de l’Association mondiale des amis de l’enfance, fondée par elle en 1963. Elle priait aussi pour ses propres enfants, Caroline, Albert et Stéphanie.

« Nous n’avons pas de photos d’elle au sanctuaire, mais nous savons bien qu’elle y venait de façon privée, d’autant que le prince Albert a fait sa retraite de préparation à la profession de foi à Laghet et que la famille princière est très attachée spirituellement à ce lieu saint », confie le Père Jean-Marie Tschann, ancien recteur du sanctuaire situé à une douzaine de kilomètres seulement de Monaco. Il se rappelle de l’inauguration du nouvel orgue du sanctuaire, en présence du prince Albert II. Le Père Tschann souligne aussi que la princesse Charlène, épouse du prince Albert, ayant donné naissance à des jumeaux, un an et demi après son pèlerinage à Lourdes en mai 2012, s’était rendue à Laghet pour allumer deux cierges, en action de grâce.

« Les origines du sanctuaire de Laghet sont d’ailleurs historiquement liées à Monaco en raison de deux miracles survenus en 1652, attribués à l’intercession de la Vierge dont la statue trônait dans une petite chapelle qui fut par la suite restaurée et transformée en église vers 1656 », raconte l’ancien recteur, évoquant le cas d’une personne guérie de la lèpre et celui d’une autre libérée après avoir été capturée par les pirates barbaresques. Les monégasques n’ont cessé de fréquenter Laghet depuis lors, en particulier durant le pèlerinage diocésain organisé chaque année auquel s’associe certainement l’âme de la princesse Grace.

Du Piémont aussi les pèlerins affluent, avec en tête les membres de la famille royale de Savoie, de la régente Christine de France, sœur de Louis XIII, avec son jeune fils Charles-Emmanuel II, au XVIIème siècle, jusqu’au prince Victor-Emmanuel, actuel prétendant au trône d’Italie, et son fils Emmanuel-Philibert, dévots eux aussi de Notre-Dame de Laghet, comme la princesse Grace.

François Vayne

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