Au sujet de mon livre autobiographique, « Ta blessure ouvre à la lumière » (Plon)

La raison d’être de l’Église, c’est de servir la relation d’amour de Dieu pour le monde (Jn 3, 16)
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RCF en Bourgogne a présenté mon livre-témoignage dans une émission animée par Françoise Reiss, le 6 septembre 2022 : https://www.rcf.fr/culture-et-societe/le-rendezvous-litteraire. Je publie ici la retranscription de cette recension très touchante, vraie et profonde, réalisée sous forme d'un entretien entre un lecteur anonyme et l'animatrice.

Le 13 mai 2022 la chaîne télévisée KTO avait diffusé aussi une interview d'une demie-heure sur les contenus du livre.

Le 9 décembre prochain, je serai au salon du livre de Dijon, à l'invitation de Françoise Reiss, pour rencontrer les personnes intéressées par mon autobiographie et dédicacer cet ouvrage.

François Vayne

Interview à RCF le 6 septembre 2022

Françoise Reiss, de quel genre d’ouvrage s’agit-il ?

C’est un récit autobiographique, le témoignage d’un laïc catholique. Je vous donne aussi le sous-titre du livre : « Alger, Lourdes, Jérusalem : le chemin d’un homme ».

Qui est l’auteur ?

C’est François Vayne, journaliste et écrivain, né en Algérie en 1962, lors des évènements liés à l’Indépendance de ce pays.

Il a grandi à Alger, et à 16 ans, il débarque à Marseille. Il va au Lycée puis, il va étudier le droit à la faculté d’Aix en Provence. Il fait ensuite des études de journalisme à l’Université de Strasbourg.

Il a été marqué par plusieurs pèlerinages : à 20 ans, il va à pied en Pologne, à Chestochowa, sanctuaire marial bien connu. L’année suivante, il va à Jérusalem avec un groupe de jeunes chrétiens. Puis il ira en Bosnie, à Mejdugorgé.  A 23 ans, il fait un stage de journalisme à Radio Vatican. A la fin de ses études, il travaille à Lourdes où il va rester 26 ans. Il sera directeur de la revue Lourdes Magazine et de la maison d’édition Notre Dame de Lourdes-Editions (NDL Editions), puis directeur de la communication du sanctuaire.

Il part ensuite à Rome à l’Organisation des Pèlerinages italiens ; puis il est engagé par l’Ordre du Saint Sépulcre comme directeur de la communication pour l’Eglise en Terre Sainte.

C’est un parcours professionnel très varié et très riche, avec des constantes de foi très affirmées.

Oui : sa famille était très croyante et, pendant son enfance en Algérie, il a découvert une Eglise petite, pauvre, humble, vivante, presque familiale, qui ne faisait pas peur aux autres croyants.

C’est en Algérie qu’il a expérimenté un amour de l’Eglise très fort, qu’il va garder toute sa vie. Il a compris que l’Eglise, c’est ‘’un mystère à vivre, une famille à former, une communauté à construire, et un corps à aimer’’. Je cite ses propres mots.

Il a fréquenté Notre Dame d’Afrique, où il a côtoyé de grandes figures. Par exemple, Mgr Duval, l’archevêque d’Alger, qui sera un temps son père spirituel. Il a fréquenté les moines de Tibhirine. Il a aussi ététrès marqué par Charles de Foucauld qui est devenu une figure de référence pour lui.

Il écrit : ‘’Ma vocation de journaliste s’inscrit dans le souffle de cet héritage spirituel’’.

Et il découvre aussi à Alger l’islam et les musulmans.

C’est vraiment très important pour lui. Il a de nombreux copains musulmans, en particulier Samir, une grand ami d’enfance. Il restera en lien avec lui jusqu’à sa mort, causée par la pandémie du Covid.

Îl écrit : ‘’ L’islam a eu cela d’enrichissant pour ma foi chrétienne qu’il m’a aidé à prendre conscience de la présence de Dieu en toute chose’’.

Très jeune, il a prié Dieu par l’intercession de la vierge Marie, avec les musulmans. A Notre Dame d’Afrique, la dévotion mariale des musulmans s’exprime librement. La Vierge Marie, c’est Maryam dans le Coran, la mère du prophète Jésus. C’est le modèle de la confiance en Dieu.

La famille de François Vayne a toujours respecté les musulmans. L’auteur est un grand défenseur de l’Islam, et son livre est aussi un plaidoyer pour la paix entre les religions. Le dialogue entre les religions est pour lui fondamental, en particulier entre croyants du Bassin Méditerranéen. Dans son ouvrage, il veut montrer que, partout où Marie est présente, le dialogue islamo-chrétien progresse, dans la pratique quotidienne d’une amitié spirituelle.

Le titre est un peu mystérieux ‘’Ta blessure ouvre à la lumière’’. Pourquoi ce titre ?

François Vayne est un fils unique illégitime. Pendant plus de 30 ans, il n’a pas connu son père. Cela a été une très grande douleur pour lui, qu’il a traînée comme un véritable handicap. Il avait le sentiment d’être différent des autres. Il dit même ‘’ blessé d’abandon’’.Il était habité par une peur irraisonnée, paralysante. Il écrit : ‘’Comme il est difficile d’aimer sans savoir qui l’on est, et s’aimer soi-même quand on ne sait pas vraiment à qui ressembler’’.

Le manque du père, c’est pour lui la cause d’une tristesse insondable. Ce sont ses propres mots, très forts.

A l’âge de l’adolescence, cela a dû être particulièrement difficile à vivre ?

A l’adolescence, il est ultra-sensible, révolté, rebelle. Il aurait pu mal tourner. Ce qui va le sauver, c’est la découverte de la paternité de Dieu. Il nous confie la demandequ’il a adressée à Dieu : ‘’que ma plaie, une fois guérie, devenue cicatrice, puisse être témoignage des merveilles toutes simples que réalise Ton amour infini’’. Il écrit encore : ‘’l’Esprit Saint se glisse toujours dans nos déchirures, et nos blessures sont des sources. Les cicatrices peuvent devenir des portes de lumière’’.

Il retrouvera quand même son père, à l’âge de 35 ans.

Arès un long chemin, François Vayne va en effet rencontrer enfin son père. Ce dernier est malade, hospitalisé, en fin de vie.L’auteur avait confié cette rencontre à Notre Dame de la Visitation, et il a pu établir une relation pacifiée avec cet homme, juste avant sa mort. Pour lui, c’est un cadeau de Dieu. Plus tard, il rencontrera même ses demi-frères et sœurs, et en sera bouleversé.

Revenons, Françoise, sur sa vocation de journaliste.

Il s’est posé la question de sa vocation. Que faire de sa vie ? Il avait une grande soif d’absolu. Il voulait porter la paix au cœur de la guerre. Et c’est Mgr Duval qui l’a rassuré : ‘’ Ne sois pas inquiet pour faire ton choix. Puisque tu veux faire la volonté de Dieu, ce que tu auras choisi en toute liberté, dans la paix de ton cœur, sera l’expression de la volonté même de Dieu’’.

Du coup, il a voulu mettre sa plume au service de l‘Eglise. A Aix en Provence, pendant ses études de droit, Mgr Panafieu l’avait invité à relayer les efforts de dialogue avec les musulmans, et à demeurer un troubadour de l’amitié, sur les routes du monde.

Plus tard, Mgr Etchegaray, l’archevêque de Marseille lui dira : ‘’Dieu t’a conduit pour mettre ta plume au service du dialogue inter-religieux, à partir de cet extraordinaire observatoire de l’Eglise universelle qu’est le sanctuaire de Lourdes. L’auteur écrit qu’il s’est mis spirituellement dans le manteau de la Vierge, et qu’il a trouvé le sens de sa vie : devenir journaliste pour Marie.

On comprend que Marie a une très grande place dans la vie de François Vayne.

En tant que pèlerin–journaliste, il a visité de très nombreux sanctuaires mariaux dans le monde : Aparecida au Brésil, Guadalupe au Mexique, Syracuse en Sicile, et caetara.…. Pour lui, Marie, c’est la femme du OUI. Par son intercession, s’ouvre pour nous le chemin de l’union à Dieu en toutes choses.

Sa devise de chrétien, c’est : ‘’Marie gardait toutes choses et les méditait dans son cœur’’.

Il a d’ailleurs écrit un petit ouvrage sur la prière à Marie :

Il s’intitule ‘’Prier quinze jours avec Marie, au cœur de ses apparitions’’. C’est publié aux Editions Nouvelle Cité.

François est resté 26 ans à Lourdes. Quels évènements l’ont particulièrement  marqué ?

En 2004, il a accueilli le pape Jean-Paul II, qu’il avait accompagné dans de nombreux déplacements en tant que journaliste. Le pape était alors très affaibli, en fauteuil roulant. François Vaynele considérait comme un père universel. Jean Paul II mourra l’année d’après.

En 2008, le pape Benoit XVI est venu à Lourdes pour le 150-ème anniversaire des apparitions de Notre Dame à Bernadette. L’auteur a organisé une rencontre inter-religieuse de prière pour la paix, dans l’esprit d’Assise, ainsi qu’une rencontre internationale des journalistes sur le thème du dialogue islamo-chrétien.

Pendant sa longue mission à Lourdes, il a été témoin de nombreuses grâces reçues par les pèlerins. Il écrit ‘’Lourdes, c’est une invitation à porter, comme Marie, la tendresse de Dieu au monde’’. Et encore ‘’ A l’exemple de Marie, disons au Christ :  me voici, devant chaque frère, chaque sœur que nous rencontrons’’.

En plus de son travail à Lourdes, jusqu’en 2012, il a accompagné en tant que journaliste les papes successifs dans leurs déplacements : Jean-Paul II, et Benoit XVI.

Il a en été marqué. Il en parle longuement. Il cite leurs encycliques successives. En particulier, il souligne le rôle inestimable de Jean Paul II dans le dialogue évangélique et fraternel avec les musulmans. Il était à Rome lors du conclave et de l’élection de Benoit XVI, en tant que correspondant du journal La Croix et d’autres magazines.

De par son travail à Lourdes, il a rencontré de nombreux responsables de l’Eglise.

Oui : j’ai noté par exemple qu’il a retrouvé Mgr Benoit Rivière, l’évêque d’Autun, avec qui il avait fait des goums, c’est-à-dire des marches dans les causses du Larzac, quand il était jeune.

En 2012, il est licencié brutalement de son poste à Lourdes. Comment réagit-il ?

C’est terrible pour lui. Il se sent détruit. Il pense à Ste Bernadette qui se comparait à un balai qu’on met derrière la porte, après s’en être servi ! Il a 50 ans ; il vient de divorcer. Ila encore deux enfants, sur cinq, à charge. La situation est compliquée. Il prend la décision de s’en remettre complètement à Dieu, de Lui faire confiance.

Et il trouve une nouvelle mission d‘Eglise ?

Oui : il part à Rome, au service des Pèlerinages italiens ; puisil est engagé par une institution pontificale au service de l’Eglise en Terre Sainte. Son travail consiste à œuvrer en faveur de la fraternité islamo-chrétienne au Moyen Orient, à travers le soutien apporté aux œuvres du patriarcat latin de Jérusalem. Par exemple, aux écoles où élèves catholiques et musulmans grandissent ensemble, ou encore à l’hôpital St Louis de Jérusalem, où sont soignées ensemble des personnes âgées des 3 religions monothéistes : juives, musulmanes et chrétiennes.

Il suivra le voyage du pape François à Jérusalem en 2014. Il apprécie particulièrement la simplicité de ce pape, la miséricorde qu’il prône et qu’il incarne. Il est très sensible à l’encyclique Fratelli Tutti, lui qui se consacre à la cause de la paix et de la fraternité universelle.

Avec ce témoignage puissant, qu’est-ce que François Vayne veut finalement transmettre au lecteur ?

Dans toute cette grande aventure professionnelle et familiale, il dit qu’il a été témoin d’un amour qui guérit, pardonne, relève et soigne. Et il écrit aussi : ‘’je voudrais que mon témoignage serve au dialogue et à l’amitié, et que l’espérance transpire de mon expérience’’.

J’ai été très touchée par ce témoignage plein de fougue et de passion, même s’il est parfois touffu et un peu excessif. C’est un homme vraiment plein d’amour pour Dieu et pour l’Eglise.

Interview sur KTO le 13 mai 2022

A l'occasion de la présentation du livre sur la chaîne télévisée KTO, voilà la présentation qui a été faite :

"Alors que se prépare la canonisation de Charles de Foucauld ce 15 mai à Rome, KTO reçoit François Vayne dont le parcours consonne souvent avec celui du "frère universel" français : les deux ont été touchés et séduits par la grandeur et la simplicité de la religion du Prophète et aussi par la foi de musulmans vivants dans la continuelle présence de Dieu. Né en Algérie où il a grandi après l'indépendance, le journaliste et communicant français vient présenter son livre, "Ta blessure ouvre à la lumière" (Renaissance Plon). Ce soir, il raconte son chemin de foi au milieu des épreuves comme l'absence d'un père ou la séparation de son couple mais aussi de joies comme celle d'avoir côtoyé les moines de Tibhirine. Il revient enfin sur ses engagements à Lourdes ou à Rome, ville où il travaille aujourd'hui comme directeur de la communication de l'Ordre du Saint-Sépulcre."

https://www.youtube.com/watch?v=d-InvyX3STQ

1 Comment

  1. FACI dit :

    Bravo François c’est avec plaisir que j’ai lu votre parcours félicitations et bonne continuité….

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