« Une force irrésistible m’a poussé vers elle… »

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L’apparition de Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse, rue du Bac à Paris, est célébrée ce 27 novembre. C’est avec joie que je vous offre ici, chers amis, ma méditation liée au message délivré par la Vierge en ce lieu où j’aime souvent aller en pèlerinage, portant sur moi la Médaille Miraculeuse depuis mon baptême à Alger en 1962… Catherine Labouré est au « séminaire » des Filles de la Charité, rue du Bac à Paris, quand elle bénéficie d’apparitions mariales, de juillet à décembre 1830, année d’une nouvelle révolution en France. Née dans une famille paysanne, en Côte d’Or, le 2 mai 1806, elle a décidé d’entrer dans la vie religieuse à la suite d’un rêve où, dira-t-elle, saint Vincent de Paul lui-même l’appela à suivre le Christ au service des pauvres. C’est d’ailleurs la veille de la fête de ce saint, fondateur des Filles de la Charité – le 18 juillet 1830, un peu avant minuit – que Sœur Catherine est conduite par son ange gardien jusqu’à la chapelle où la Vierge l’attend, assise dans le chœur… « Venez au pied de cet autel. Là des grâces seront répandues sur toutes les personnes qui les demanderont avec confiance », dit Marie à Catherine. Elles parlent ensemble pendant deux heures, donc jusqu’au matin de la fête de saint Vincent de Paul : la Vierge lui révèle notamment de manière prophétique qu’une révolution va bientôt toucher le pays, et les grands malheurs qui suivront. Le confesseur de la voyante, le Père Jean-Marie Aladel, est d’abord exaspéré, mais tout se réalise comme elle l’avait dit lors des « Trois Glorieuses », du 27 au 29 juillet, avec la chute du dernier roi Bourbon ayant régné en France jusqu’à présent, Charles X. L’esprit du libéralisme triomphe : Louis Philippe d’Orléans, le fils du grand maître de la franc-maçonnerie qui avait voté la mort de son cousin le roi Louis XVI, devient « roi des Français », affirmant tenir son autorité des hommes et non plus de Dieu. Le message de la rue du Bac va s’avérer central en tant qu’avertissement céleste par rapport à une future rupture de civilisation. Même si ces apparitions n’ont pas été formellement reconnues par l’Eglise, leur reconnaissance est implicite. Le 23 juillet 1894 le pape Léon XIII instaura la fête de Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse, fixée au 27 novembre. Saint Jean-Paul II a tenu à venir s’agenouiller dans la Chapelle de la Médaille Miraculeuse le 31 mai 1980, lors de son premier voyage pontifical en France.

Une médaille marquée des Cœurs de Jésus et de Marie, en signe de résistance spirituelle

Le 27 novembre 1830, la Vierge demande à Catherine de faire frapper une médaille selon un modèle qu’elle lui désigne, avec ces mots inscrits en lettres d’or: « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ». « Les grâces seront abondantes pour les personnes qui la porteront avec confiance », lui dit-elle. Quand éclate à Paris, en février 1832, une terrible épidémie de choléra, qui fera plus de 20.000 morts, le Père Aladel et les Sœurs commencent à distribuer les premières médailles. Les guérisons se multiplient, comme les conversions. Le peuple de Paris appelle la médaille « miraculeuse », et la considère comme un bouclier protecteur. Jadis saint Simon Stock, supérieur général de l’Ordre des Carmes, avait reçu le scapulaire des mains de la Vierge, le 16 juillet 1251, afin que tous ceux qui en sont revêtus soient sauvés. La médaille pourrait être comparée à un scapulaire moderne. Par mandement en 1836 l’archevêque de Paris, Mgr Hyacinthe-Louis de Quélen, exhortera les fidèles à porter sur eux cette médaille, et la confrérie de Notre-Dame des Victoires stipulera dans ses statuts promulgués en 1838 que chaque associé la recevra. La confrérie des Enfants de Marie Immaculée, voulue par la Vierge, répandra beaucoup de bienfaits parmi les jeunes filles des milieux populaires. La petite Bernadette Soubirous elle-même portait une médaille miraculeuse quand les apparitions eurent lieu à la grotte de Massabielle, ce qui n’est sans doute pas un hasard vu du Ciel…
Sur la Médaille les rayons qui s’échappent des mains de Marie représentent les grâces répandues sur les personnes qui les demandent. Pourquoi me priver des grâces que je n’ose pas encore demander ? Humilité, douceur, miséricorde : en ce jour j’implore le Ciel de recevoir ces grâces, puisque Jésus auquel j’aimerais ressembler un peu est « doux et humble de cœur » (Matthieu 11, 29). Marie m’accompagne et me guide sur ce chemin. Elle me demande l’humilité de gestes simples accomplis dans la foi, et cette médaille qu’elle m’invite à porter autour du cou sera comme un signe d’appartenance marquant mon désir de vivre en relation avec Dieu, de me souvenir de lui en toute circonstance, avec amour. Ô Marie, tu viens lutter avec moi contre le dragon, le diable, que tu tiens sous tes pieds et empêche de bouger, de nuire au monde, comme le montre ta représentation sur la médaille. Tu portes le globe terrestre dans tes mains, offrant « chaque âme en particulier », comme tu l’as expliqué à Catherine. Au revers de la médaille ton monogramme est signifié par la lettre M surmontée d’une croix, et ton cœur transpercé par un glaive est au côté de celui de ton Fils, couronné d’épines. Je porterai sur moi l’image de vos deux Cœurs associés qui m’arrachent à l’esprit du mal et à la mort éternelle, et je diffuserai cette médaille avec enthousiasme, pour permettre au plus grand nombre de vivre en conformité avec la volonté de Dieu.

Une intercession très puissante

Jésus avait demandé en 1689 à Paray le Monial : « Que les hommes portent sur eux l’image de mon cœur ». Sa demande de la consécration de la France au Sacré Cœur, ignorée au temps du grand siècle de Louis XIV, est reprise et accomplie avec les apparitions de la rue du Bac. La dimension « politique » des révélations dont bénéficie Catherine me concerne en cela que je ne veux plus pactiser avec l’individualisme triomphant où mon âme se dérègle et se corrompt. Plongé dans cette société où je suis appelé à témoigner de ma foi, comme j’aspire à vivre un retournement, une vraie conversion ! L’exemple d’Alphonse Ratisbonne m’inspire : ne croyant ni aux apparitions ni aux miracles, né juif, il vit Marie lui apparaître telle qu’elle est sur la médaille miraculeuse, dans l’église Sant’Andrea delle Fratte à Rome, le 20 janvier 1842. « Une force irrésistible m’a poussé vers elle, la Vierge m’a fait signe de m’agenouiller », racontera-t-il avant de recevoir le baptême, dix jours plus tard, et de devenir prêtre. Après avoir travaillé des années pour le salut d’Israël,il finira ses jours en Terre Sainte, à Aïn Karem, où la Vierge chanta le Magnificat. L’église où a eu lieu sa conversion est devenue « la Lourdes romaine », qui authentifie en quelque sorte les apparitions de la rue du Bac, puisque à la suite de l’évènement vécu par Ratisbonne le pape Grégoire XVI confirma en 1846 l’avis de Mgr de Quélen à propos de la médaille. L’intercession de Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse est puissante, elle peut m’entraîner, moi aussi, à un profond changement de vie.
« Marie est la messagère de la grâce destinée à nous annoncer les miséricordes et les bontés divines », résumera Alphonse Ratisbonne, devenu le Père Marie, en méditant le mystère de la Visitation où l’on voit la Vierge rendre visite à sa cousine Elisabeth pour lui rendre service. Ses mots illustrent bien l’appel de la rue du Bac qui nourrit ma prière et ma contemplation. C’est parmi les Filles de la Charité de saint Vincent de Paul et de Louise de Marillac que cette apparition a lieu, là où les pauvres sont les premiers servis. Ma prière est-elle une source d’amour concret, ou alors stérile introspection où je contemple l’image faussement idéale que j’ai de moi-même ? « Ô Marie, aide-moi à vivre de charité, comme sainte Catherine qui ne cesse d’intercéder en ma faveur », dit une des invocations de la Neuvaine de la Médaille Miraculeuse. Vivre de charité, aimer sans retour, servir, sortir de moi-même, c’est mon vœu le plus cher, l’intention principale que porte ma prière. Je sais – comme l’Ecriture me l’apprend – que l’Esprit lui-même intercède pour moi en des gémissements ineffables afin que je corresponde aux vues de Dieu (Paul aux Romains, 18,27), car je n’ai pas reçu un esprit d’esclave, mais un esprit de fils adoptif qui me fait crier « Abba ! Père ! »
Ô Marie, notre mère dans l’Esprit, je crois avec tous les saints que tu es une personne actuellement aimante et vivante, conduis-moi à imiter ton Fils, et dilate mon cœur aux dimensions de son Cœur afin que j’entre, dès cette terre, dans le mouvement d’amour de la communion trinitaire.

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