Joào Braz de Aviz, témoin joyeux de la résurrection

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Au plan journalistique, dans les médias, nos analyses convenues sont hélas souvent plus proches de celles d’Hérode que de celles des mages et des songes bibliques inspirés par Dieu. Heureusement que le Saint-Esprit agit de la manière la plus libre qui soit, offrant toujours d’heureuses surprises. Ainsi, pendant ce conclave imprévisible, la nouveauté de l’Evangile s’apprête à nous surprendre, et seule compte la prière de toute l’Eglise, unie à celle des cardinaux, afin que le successeur de Pierre qui va être élu corresponde pleinement à la volonté de Dieu pour le monde de ce temps. Parmi les 115 cardinaux électeurs, il en est un qui, la semaine dernière, a fortement marqué les Congrégations générales par sa courageuse liberté de parole, appelant de ses vœux une vraie réforme de l’Eglise à la manière de saint François d’Assise. Son « portrait » évoque celui du prochain pape, qui à n’en pas douter aura cette profondeur évangélique, et cette capacité intérieure à renouveler l’Eglise de l’intérieur. Telle est la grande espérance du peuple chrétien que les pasteurs en charge d’élire le successeur de Benoît XVI entendront certainement, par l’intercession de la Vierge Marie – Mater Admirabilis – dans le souffle vivifiant de l’Esprit…
A la une du grand quotidien italien « Corriere della Sera, ce mardi 12 mars, fête de saint Grégoire, date de l’ouverture du conclave, une caricature a beaucoup amusé les lecteurs. On y voit un cardinal brésilien faisant du slalom entre les cardinaux, avec un ballon, dans la chapelle Sixtine, jusqu’au but final. Il s’agit du cardinal Joào Braz de Aviz, né à Mafra au Brésil il y a 65 ans, et dont presque personne ne parlait jusqu’à hier. Préfet de la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée depuis 2011, il était auparavant archevêque de Brasilia. Benoît XVI l’a créé cardinal le 18 février 2012, fête de sainte Bernadette, un an avant de renoncer à sa charge de pape, le 11 février dernier, fête de Notre-Dame de Lourdes. Lors des « Congrégations générales » qui ont permis aux cardinaux d’échanger entre eux sur les problèmes de l’Eglise et les défis qui sont devant elle, il a été remarqué par ses pairs en demandant un changement dans le fonctionnement de la Curie romaine. Aucun n’avait parlé publiquement, plusieurs fois, avec autant de franchise, et il a été longuement applaudi quand le cardinal Bertone, camerlingue et ancien Secrétaire d’Etat, a cherché à disqualifier ses propos. Il est soudain apparu comme un papabile capable de triompher du « parti romain » dont la volonté est de ne surtout rien changer. L’archevêque de Sao Paolo, le cardinal d’origine allemande Pedro Odilo Sherer, a semblé prendre la défense de l’ancien Secrétaire d’Etat, laissant penser aux observateurs qu’il pouvait faire le jeu d’un certain immobilisme, alors qu’il était présenté comme le meilleur « candidat » latino-américain… Ce qui se joue désormais dans la chapelle Sixtine, c’est le choix d’un pape viril, « une force de la nature », en mesure de rénover l’Eglise, n’en déplaise à ce « parti romain », celui de certains vieux diplomates qui cherchent à sauver un système ancien auquel le pape âgé, mal informé, trompé, comme « prisonnier », servait de caution. Benoît XVI, en renonçant prophétiquement, après tant de scandales au cœur de l’Eglise, a voulu laisser la place à un pape plus jeune, en pleine possession de ses moyens. Le cardinal Sean O’Malley de Boston, comme le cardinal Christoph Schönborn de Vienne, et le cardinal Joào Braz de Aviz, ont les qualités et la sainteté pour la mission. L’élection d’un pape d’Amérique du Nord, citoyen des Etats Unis, serait sans doute mal vécue dans les pays du sud, et les catholiques pourraient subir de nouvelles persécutions, en particulier dans les pays à majorité musulmane. L’élection d’un pape d’Amérique latine, du Brésil spécialement, provoquerait en revanche une joie immense pour des millions de déshérités, partagée sans doute par les jeunes générations musulmanes des pays en développement. De tout cela les cardinaux sont conscients, et leur vote engage l’avenir de l’Eglise dans le monde pour longtemps. Il y va de la nouvelle évangélisation, au grand large, et de la réconciliation de la société avec l’institution fondée par le Christ, aujourd’hui discréditée par le comportement inapproprié de nombreux clercs.
Sur la place Saint-Pierre ce mardi les journalistes ont filmé Saverio, qui portait une pancarte où il avait écrit en gros : « Francesco Papa ! ». Ces derniers jours la rumeur indique en effet que le nouveau pape prendrait le nom de François-Marie, et non pas de Grégoire XVII comme cela circulait dans les milieux les plus traditionnels il y a à peine dix jours… L’attente d’un véritable changement s’est intensifiée, les cardinaux l’ont mesuré, l’un d’eux s’en est fait l’écho avec courage, dans le sillage de ce que le cardinal Schönborn avait lui aussi déclaré. « François revivifie l’Eglise, par son extrême simplicité et son extrême cohérence avec l’Amour de Dieu. Il nous a donné la dimension de l’Evangile sans commentaire, sans y mettre aucune limite, il représente toujours un idéal pur capable d’attirer, prenant en compte les réalités humaines, il sera toujours un symbole, un point cardinal, et actuellement où tant de jeunes cherchent quelque chose de très grand, en direction de Dieu, il ouvre une grande route », disait le cardinal Braz de Aviz dans un entretien accordé récemment à la revue Saint François, où il parlait aussi de « purification » de l’Eglise… « Il n’a pas eu peur jusqu’à la fin. Il n’a pas eu peur d’être seul, de souffrir, de tant de choses, il est demeuré en Dieu, et son œuvre est toujours fruit de ce rapport avec Dieu qui rend vraiment heureux », notait encore le préfet de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique.
Ce cardinal brésilien n’a pas peur, lui non plus, ayant vécu des évènements dramatiques qui lui ont permis de dépasser toute crainte inutile. Enlevé par deux jeunes délinquants voleurs de voitures, dans l’état de Paraná, il fut mitraillé par les forces de l’ordre, laissé pour mort, et il garde encore plusieurs balles dans le corps. `Jésus, pourquoi dois-je mourir à 36 ans?`, s’est-il exclamé, racontant ensuite avoir entendu la réponse divine qui le rassura: `Moi, je suis mort à l’âge de 33 ans, tu as déjà eu trois ans de plus que moi`… Sauvé par miracle de cette fusillade où il s’est fait témoin du septième commandement – « Tu ne voleras pas » – fondement de la doctrine sociale de l’Eglise, le cardinal Braz de Aviz propage son amour de la vie auprès de toutes les personnes, souriant sans se lasser, répandant le bonheur d’exister autour de lui. Pour « transmettre l’expérience de Dieu », dit-il, « il ne suffit pas de parler, il faut que l’autre voie en nous que « Dieu est notre bonheur ». Ainsi, les consacrés ne servent pas seulement à « aider celui qui a des problèmes de santé, ou de pauvreté. Ils portent une identité et un exemple de vie donnée, à la suite du Christ », souligne-t-il. Il était frappant de le voir sourire à chacun lors de la messe Pro Eligendo Ponfifice, dans la basilique Saint-Pierre, au cours de la matinée qui précédait l’entrée des cardinaux dans la chapelle Sixtine. Son rayonnement est indubitable, et rappelle la joie des pauvres dont parlait le bon pape Jean XXIII. Il est lui-même né dans une famille sans grandes ressources, avec quatre frères et trois sœurs, dont une atteinte de trisomie.
Ordonné prêtre le 26 novembre 1972 pour le diocèse d’Apucurana, il est titulaire d’une licence en théologie de l’Université pontificale grégorienne et d’un doctorat en théologie dogmatique de l’Université pontificale du Latran. Le 6 avril 1994, il a été nommé évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Vitória, puis évêque de Ponta Grossa le 12 août 1998, et archevêque de Maringá le 17 juillet 2002, avant d’être transféré sur le siège de Brasilia le 28 janvier 2004, à la fin du pontificat de Jean-Paul II. Sa devise épiscopale est tirée de l’Evangile selon saint Jean : « Que tous soient un » (Jean, 17,21), et son blason très stylisé évoque la présence de la Vierge Marie et de l’apôtre Jean au pied de la Croix.
S’il était élu pape, à six mois des JMJ de Rio, son pontificat rappellerait celui de Jean-Paul II, et favoriserait l’effondrement du « mur » qui sépare le sud et le nord, enjeu missionnaire d’envergure planétaire dépassant les querelles de dentelles qui n’ont que trop duré dans une Eglise en attente de régénération évangélique.

1 Comment

  1. Rocío dit :

    “No basta con hablar, hace falta que el otro vea en nosotros que “ Dios es nuestra felicidad” esta frase del cardenal Joào Braz me parece de una gran profundidad y verdad a la que se llega desde la experiencia de Dios y la oración, para ello hace falta como dice san Ignacio de Loyola “pedir conocimiento interno del Señor que por mí se ha hecho hombre, para que más le ame y le siga.” ( EE 104)

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