« Recueillir le cri de l’humanité et le transformer en nouvelle espérance »

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Interrogé au lendemain des attentats de Paris par mon excellent confrère de La Croix , Sébastien Maillard, le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’Etat du Saint-Siège, a appelé à « une mobilisation générale, de la France, de l’Europe et du monde entier ». « Une mobilisation de tous les moyens de sécurité, des forces de police et de renseignement, pour éradiquer ce mal du terrorisme », a-t-il expliqué, ajoutant qu’est nécessaire aussi « une mobilisation qui déploie toutes les ressources spirituelles pour donner une réponse positive au mal », passant par « l’éducation au refus de la haine », et par « des réponses aux jeunes qui partent au djihad ». « Il faut convoquer tous les acteurs, politiques et religieux, de la vie nationale et internationale. On doit vraiment faire un effort pour lutter et combattre ensemble. Sans cette union, cette bataille, très dure, ne sera pas gagnée. Et il est nécessaire d’y associer les acteurs musulmans. Ils doivent faire partie de la solution », a insisté également le premier collaborateur du Pape.Ces paroles d’équilibre et de sagesse mettent chacun devant sa propre responsabilité, même si nous sommes tous encore sous le choc après les actes barbares qui endeuillent la France . « C’est un morceau de la guerre mondiale, et il n’y a pas de justification pour de tels faits. Cela n’est pas humain », a commenté François au téléphone, répondant au directeur de TV2000, la télévision de la Conférence épiscopale italienne. « Je suis très proche du peuple français tant aimé, je suis proche des familles des victimes et je prie pour eux tous », a-t-il poursuivi d’une voix profondément peinée. La nébuleuse organisation mystérieusement financée et armée sous le nez des plus puissantes armées du monde, « le groupe Etat islamique », venait de revendiquer dans un communiqué « officiel » les fusillades meurtrières commises la veille – au soir du vendredi 13 novembre – à Paris et à Saint-Denis, durant lesquelles trois commandos de djihadistes sunnites, « soldats du Califat », ont assassiné près de 130 civils innocents, et en ont blessé au moins 300 dont beaucoup très gravement.
« Je veux réaffirmer avec fermeté que la route de la violence et de la haine ne résout pas les problèmes de l’humanité, et qu’utiliser le nom de Dieu pour justifier cette route est un blasphème! », a souligné le Pape à l’angélus de dimanche, demandant à la Vierge de protéger la France – « la prima figlia della Chiesa », la fille aînée de l’Eglise – avant de proposer à la foule présente une très intense minute de silence.
La guerre en Syrie constitue bien entendu la toile de fond de ces évènements tragiques qui ont pour conséquence diplomatique l’annulation de la visite en Europe du président iranien Hassan Rohani. Il devait être reçu par le Pape samedi 14 novembre…, et se rendre ensuite pour la première fois à Paris dans une dynamique de détente constructive.
L’Iran chiite, longtemps au ban des nations, a entamé sa réintégration sur la scène internationale après la signature de l’accord historique sur le nucléaire entre Téhéran et les grandes puissances, le 14 juillet dernier à Vienne. Israël, qui considère l’Iran comme une menace existentielle, n’a eu de cesse de dénoncer cet accord et la légitimation de la République islamique, alliée du président syrien Bachar el-Assad dans sa lutte contre le soi-disant Etat islamique en Irak et en Syrie.

La violence ne peut rien résoudre

Au sujet plus spécifiquement de la question palestinienne qui déstabilise en permanence le Moyen-Orient, le président Rohani déclarait récemment à la presse française : « Nous pensons que toutes les personnes d’origine palestinienne qui sont en errance à l’étranger doivent pouvoir revenir sur leurs terres. Il faut qu’il y ait des élections publiques sous la supervision des Nations unies et, quels qu’en soient les résultats, nous les accepterons». Selon lui « tout le monde doit se réunir pour voter sur l’ensemble du territoire palestinien tel qu’il était dans ses frontières d’avant 1948 ».
Force est de constater que les horribles tueries signées par l’ISIS, qui ont ensanglanté la France, ne vont pas dans le sens d’un règlement de ce problème régional essentiel, occultant un peu plus la révolte en cours à Jérusalem et renforçant ceux qui s’opposent farouchement à la reconnaissance de l’Etat palestinien… « Ils sont de plus en plus nombreux en Occident à se sentir proches de Netanyahou – le chef du gouvernement israélien – parce que maintenant ils comprennent les sentiments des israéliens face au terrorisme », commente très clairement à ce propos l’écrivain Marek Halter, dans les colonnes du Corriere della Sera , à la suite des attentats planifiés et coordonnés en France.
Doit-on élever des murs de séparation en Europe aussi? Nous ne voulons pas nous laisser influencer par les faux prophètes remplis de haine qui cherchent à manipuler l’opinion publique, nous ne nous laisserons pas entraîner dans une guerre de religion. La violence ne peut vraiment rien résoudre. Nous voulons continuer dans la voie de l’accueil et du respect de l’autre, en prenant le risque de multiplier les gestes de réconciliation, les espaces de dialogue et de communion, à tous les niveaux, pour « recueillir le cri de l’humanité et le transformer en nouvelle espérance », comme le dit par exemple Maria Voce, la présidente du mouvement des Focolari.
En signe de cette volonté de fraternité nous sommes nombreux dans le monde entier à avoir allumé une bougie à notre fenêtre, ce week-end, en solidarité avec le peuple français, pour faire briller partout un esprit de vie!
Il est temps de donner écho ensemble, avec foi, à ces mots si profonds et justes de l’abbé Pierre : « Je continuerai à croire, même si tout le monde perd espoir. Je continuerai à aimer, même si les autres distillent la haine. Je continuerai à construire, même si les autres détruisent. Je continuerai à parler de paix, même au milieu d’une guerre. Je continuerai à illuminer, même au milieu de l’obscurité. Je continuerai à semer, même si les autres piétinent la récolte. Et je continuerai à crier, même si les autres se taisent. Et je dessinerai des sourires sur des visages en larmes. Et j’apporterai le soulagement, quand on verra la douleur. Et j’offrirai des motifs de joie là où il n’y a que tristesse. J’inviterai à marcher celui qui a décidé de s’arrêter…Et je tendrai les bras à ceux qui se sentent épuisés. »

2 Comments

  1. Darc dit :

    Cette nouvelle espérance passe t-elle par une évangélisation des musulmans ?

    Allons nous finir par admettre que les musulmans ont besoin de connaître le Sauveur ?

    Toutes ces guerres et ces attentats ayant plongé des familles entières dans des périphéries obscurcies; ne méritent-elles pas un élan missionnaire ?

    On n’entend plus parler de prière pour la conversion des musulmans ou bien dites nous qui en parle ? (en France, nous avons le père Fabrice Loiseau)

  2. Raïssa dit :

    Merci pour cet article qui nous redonne foi en la paix, peut être pas celle du monde mais celles des coeurs. Cela doit aussi, d’abbord, nous redonner la foi et comme le disait recemment un prêtre, « Réveillons-nous! C’est le moment d’être chrétiens! ». Merci pour ces phrases de vérité, telles qu’elle l’est: brusque, terrible et honteusement trompée, mais merci pour ces paroles qui ont su juxtaposer vérité, justice, espérance et paix.

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