« L’influenceuse de Dieu », à l’œuvre dans les sanctuaires et dans nos vies

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Les 34e Journées mondiales de la jeunesse qui viennent de se dérouler à Panama sont un nouveau succès populaire pour le Pape François, sur une terre qui est à la charnière des deux Amériques, là où le célèbre canal relie l’Atlantique et le Pacifique. Il a de nouveau plaidé pour un monde solidaire et fraternel, contre l’amère tentation d’ériger des barrières, donnant Marie en exemple pour changer le monde, avant de se recueillir en silence devant la statue de Notre-Dame de Fatima…
« Marie, la jeune de Nazareth ne sortait pas sur les réseaux sociaux de l’époque, elle n’était pas une « influenceuse », mais sans le demander ni le rechercher, elle est devenue la femme qui a le plus influencé l’histoire », souligna-t-il, lors de la veillée de samedi dernier, présentant son « oui » de confiance aux promesses divines comme « seule force capable de rendre toutes choses nouvelles ». « Marie, l’influenceuse de Dieu », a-t-il lancé alors dans une formule choc qui fait déjà date.
Le Saint-Père a ainsi voulu indiquer aux jeunes un modèle alternatif à celui du consumérisme, montrant que dans l’écoute et l’obéissance à Dieu se trouve la voie pour réaliser avec audace de grandes choses, « pas demain, mais maintenant ».
Les prochaines JMJ, qui auront lieu à en 2022 à Lisbonne, au Portugal, à une centaine de kilomètres du sanctuaire de Fatima, permettront elles aussi de confirmer ce message marial où s’enracine la foi catholique et l’espérance de l’humanité.
Au-delà des événements exceptionnels tels que les JMJ, tandis que nous sommes plongés au quotidien d’une « société liquide » en manque de repères sûrs, les sanctuaires dédiés à Marie permettent aux jeunes et aux moins jeunes de retrouver l’espérance chrétienne, qui porte à engager sa vie, et ravivent le sens de la responsabilité envers ceux qui sont en difficulté.
Mgr Rino Fisichella, président du Conseil pontifical pour la promotion de la Nouvelle Évangélisation, l’a expliqué avec clarté dans un article publié par l’Osservatore Romano l’été dernier, lui qui est chargé par le Pape de renforcer l’action pastorale des sanctuaires « où se manifeste l’action puissante de la miséricorde de Dieu ».
Depuis le Motu Proprio Sanctuarium in Ecclesia, signé le 11 février 2017, en la fête de Notre-Dame de Lourdes, le Conseil pontifical qu’il préside a en effet reçu une mission de vigilance afin de favoriser le rôle évangélisateur des sanctuaires, de veiller à la formation du personnel appelé à y servir et également de garantir au pèlerin une assistance spirituelle cohérente et soutenue.
C’est au titre de cette responsabilité internationale que Mgr Fisichella accueillait en novembre dernier, à Rome, les recteurs et agents pastoraux des sanctuaires du monde entier. Le successeur de Pierre, s’adressant aux 600 participants de ce congrès historique, dans la Salle royale du Palais apostolique, leur donna des consignes importantes qui tracent un chemin de renouveau pour ces hauts lieux menacés dans certains cas d’une dérive commerciale et touristique.
« Il n’est pas acceptable que l’on accorde davantage d’attention aux exigences matérielles et financières en oubliant que la réalité la plus importante, ce sont les pèlerins. Ce sont eux qui comptent », leur a dit François avec force, considérant que l’accueil des personnes est prioritaire pour qu’elles soient « plus disponibles à ouvrir leur cœur et à le laisser façonner par la grâce ».
Après la nécessité de l’accueil gratuit et généreux, il souligna l’exigence de favoriser la prière, d’autant que « de nombreux sanctuaires sont nés précisément à la demande de prières que la Vierge Marie a adressée au voyant, pour que l’Eglise n’oublie jamais les paroles du Seigneur Jésus qui invitent à prier sans interruption (Luc 18,1) et à rester toujours vigilants dans l’attente de son retour (Marc 14,28) ».
Il insista sur le fait le sanctuaire est souvent un lieu de piété mariale où « la Vierge Marie ouvre grand les bras de son amour maternel pour écouter la prière de chacun et l’exaucer ». « Là – ajouta-t-il avec émotion – elle sourit en donnant la consolation. Là, elle verse des larmes avec ceux qui pleurent. Là, elle présente à chacun le Fils de Dieu serré entre ses bras comme le bien le plus précieux que possède toute mère. Là, Marie se fait compagne de route de chaque personne qui lève les yeux vers elle en demandant une grâce, certaine d’être exaucée. La Vierge répond à tout le monde par l’intensité de son regard, que les artistes ont su peindre, à leur tour, souvent guidés d’en-haut dans la contemplation ».
Enfin, précisa le Saint-Père, le sanctuaire est le lieu privilégié pour expérimenter la miséricorde qui ne connaît pas de frontières et « personne dans nos sanctuaires ne devrait se sentir comme un étranger, surtout quand il s’y rend avec le poids de son péché ». « Je souhaite que surtout dans les sanctuaires ne manque jamais la figure du « Missionnaire de la Miséricorde » comme témoin fidèle de l’amour du Père qui tend les bras à tous et va à leur rencontre, heureux d’avoir retrouvé celui qui s’était éloigné ( Luc 15, 11-32) », a-t-il conclu, demandant que les œuvres de miséricorde soient vécues de manière particulière au cœur des sanctuaires, loin des calculs économiques mondains qui contristent la providence divine, dans la générosité et la charité qui se manifestent de manière naturelle et spontanée quand souffle le vent de l’Esprit Saint.
Qu’à la lumière de cet enseignement essentiel la présence mystérieuse de la mère de Dieu nous « influence » et nous guide, chaque jour, dans le sanctuaire qu’est notre vie.

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