Un processus de changement

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Le Pape du peuple parle peu durant l’été, se reposant mais préparant surtout le grand voyage qu’il effectuera aux Etats Unis fin septembre. Il s’exprimera notamment devant le Congrès américain lors d’un discours attendu, prêtant sa voix à tous les pauvres de la planète dont la dignité est bafouée par des multinationales sans cesse en quête de matières premières. « Le cri des exclus » retentira universellement au Capitole, à Washington, sur le ton du discours prononcé à Santa Cruz en Bolivie, le 9 juillet, quand « El Papa » a appelé à un « changement de structures », s’érigeant contre le système international de « l’économie idolâtre » où « l’argent règne au lieu de servir ». « Il s’agit de rendre aux pauvres et aux peuples ce qui leur appartient », a-t-il en effet martelé début juillet, à l’occasion de son séjour parmi les Latino-Américains, en Equateur, en Bolivie et au Paraguay, trois petits pays victimes du capitalisme débridé et des ravages d’une économie sans visage. Qui l’a entendu dans nos pays du Nord, dits riches, et qui a relayé ses paroles ? Tandis que j’étais en vacances, pour avoir un écho complet de ce que disait le Pape en Amérique latine, j’ai acheté le quotidien communiste l’Humanité , pour la deuxième fois de ma vie – comme je l’avais fait à l’époque de la guerre du Golfe, quand saint Jean-Paul II s’opposait à l’intervention militaire en Irak – sachant qu’une grande partie de la presse occidentale est muselée par des intérêts financiers qui la tiennent en laisse.
« Notre foi est révolutionnaire, notre foi défie la tyrannie de l’idole argent », s’est-il exclamé à Santa Cruz. « Quand le capital est érigé en idole et commande toutes les options des êtres humains, quand l’avidité pour l’argent oriente tout le système socio-économique, cela ruine la société, condamne l’homme, le transforme en esclave, détruit la fraternité entre les hommes, oppose les peuples les uns aux autres, et comme nous le voyons, met en danger notre maison commune ».
Le discours du Pape en Bolivie était certainement un avant goût de ce qu’il dira prochainement aux Etats Unis, où il entrera symboliquement par la porte de Cuba, première étape du prochain périple pontifical…

La passion de semer, d’arroser sereinement ce que d’autres verront fleurir

Dimanche dernier, lors de l’angélus, François a évoqué la « cécité spirituelle » de ceux qui n’ont en vue que les biens matériels, indiquant la rencontre avec Dieu comme étant la vraie nourriture que Jésus, « pain de vie », est venu nous offrir. Cet « horizon d’éternité » peut seul ouvrir une profonde perspective de changement. Le changement tel qu’il l’a spirituellement défini en Amérique latine est « conçu non pas comme quelque chose qui un jour se réalisera parce qu’on a imposé telle ou telle option politique ou parce que telle ou telle structure sociale a été instaurée ». « Nous avons appris douloureusement – ajoutait-il – qu’un changement de structures qui n’est pas accompagné d’une conversion sincère des attitudes et du cœur finit tôt ou tard par se bureaucratiser, par se corrompre et par succomber ». Voilà pourquoi lui plaît tant l’image du « processus », ou « la passion de semer, d’arroser sereinement ce que d’autres verront fleurir, remplace l’obsession d’occuper tous les espaces de pouvoir disponibles et de voir des résultats immédiats ».
Chacun de nous n’est-il pas « qu’une part d’un tout complexe et divers, interagissant dans le temps » ?
Au Paraguay, avant de repartir pour Rome, le Pape a montré que ce « changement » repose sur la « culture de la rencontre ». Une rencontre qui fasse en sorte, « de discuter ensemble » afin de « penser une meilleure solution pour tous ». Un processus de changement basé sur l’accueil du pardon de Dieu, « le Père qui pardonne toujours et qui pardonne tout » (Angélus du 2 août 2015).

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