« La révolution, c’est François qui la fait »

« Le secret de l’Eglise, c’est les pauvres »
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Une neuvaine de prière pour la France
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La corruption dans les pays démocratiques a provoqué de grandes désillusions, nourrissant en réaction nationalismes et fondamentalismes. Dans ce contexte, « la révolution, c’est François qui la fait », confiait le 8 novembre Fausto Bertinotti au quotidien l’Avvenire . Ce militant de gauche qui s’est reconnu dans le printemps de Prague en 1968, partisan de la démocratie directe, participative, regrette honnêtement les erreurs tragiques du communisme stalinien, et 25 ans après la chute du Mur de Berlin, il se retrouve dans le combat de l’Eglise contre l’idéologie du marché et les manipulations médiatiques de l’opinion publique organisées par les marchands d’armes. Il voit une alliance possible de tous ceux qui refusent le capitalisme financier, à l’origine de la crise internationale actuelle, autour de la « centralité de la personne », une alliance capable de relancer « le sens de la communauté » en vue de nouvelles solidarités. Une telle confession, de la part d’un célèbre syndicaliste et homme politique de sensibilité communiste, prouve que les lignes bougent dans nos sociétés, en faveur du primat de la personne, grâce au témoignage d’humanité et d’ouverture donné au monde par le Pape. Sa ferme volonté de renouveler l’approche pastorale et le langage de l’Eglise, sans changer la doctrine, porte partout des fruits inattendus. « Ce n’est pas l’Evangile qui change, c’est nous qui le comprenons mieux », expliquait à ce propos Mgr Bruno Forte il y a quelques mois, en prélude au récent Synode sur la famille qui a illustré cette dynamique missionnaire. Le Pape, comme Jésus, va de l’amour à l’intégrité, de l’amour au discernement, de l’amour à la loi, et non l’inverse. L’amour des personnes est premier. Selon cette logique, mercredi, il s’est montré très clair par rapport aux procédures concernant l’invalidité de certains mariages, désireux qu’elles soient plus rapides et gratuites. « C’est un devoir de justice » a-t-il insisté, en parlant des couples qui attendent une réponse pour pouvoir se remarier. Il veut que l’Eglise donne l’exemple de la gratuité, parce que « le don de Dieu est gratuit ». « Le salut ne s’achète pas », rappelait-il plus largement mardi, à la messe du matin célébrée à Sainte Marthe. « Nous avons peur de la gratuité de Dieu. C’est si grand que cela nous fait peur », soulignait-il, constatant qu’il est « difficile d’écouter la voix de Dieu quand on a pas d’autre horizon que soi-même… ».
Cet appel à sortir de soi, à donner gratuitement en cherchant le bien de l’autre, à partager généreusement avec respect et désintéressement, il l’a lancé en particulier pour la fête de tous les saints, dimanche dernier, dans le cimetière romain du Verano, indiquant les Béatitudes – `Heureux ceux qui ont faim et soif de justice…` – comme unique chemin pour sauver la terre de la dévastation, dénonçant `l’industrie de la destruction` et faisant mémoire des nombreuses victimes civiles des bombardements américains dans ce quartier romain de San Lorenzo, en 1943, à proximité de la basilique Saint Laurent-hors-les-Murs (le tombeau de famille du Pape Pie XII avait été au passage et comme par hasard transformé en cratère…).
Sans doute reprendra-t-il ces thèmes, notamment autour de l’idée que la paix suppose la justice, lors de ses prochains voyages hors d’Italie, le 25 novembre au Parlement européen de Strasbourg, puis à Istanbul, en Turquie, les deux derniers jours du mois.

Il n’y a pas de place dans l’Eglise pour la mondanité

En attendant François continue de faire avancer le processus du changement au cœur même de l’institution ecclésiale, procédant tranquillement à des nominations qu’il accompagne de commentaires spirituels compris de tous. Jeudi il fustigeait vertement `ceux qui se croient justes`, comme les scribes et les pharisiens, et qui `ne veulent pas se salir les mains avec les pécheurs`. Il a mis en valeur `le vrai pasteur, le vrai chrétien` qui veut qu’aucun ne se perde, et qui pour cela n’a pas peur de se salir les mains (`sporcarsi le mani`). Mercredi à l’audience générale le Saint-Père a consacré sa catéchèse au ministère épiscopal et au profil de l’évêque, sans concession pour les prélats de salon, arrivistes et désincarnés. `C’est bien triste quand on voit certains chercher à tout prix cette fonction…, et quand ils arrivent ils ne sont pas au service des autres, ils se pavanent et vivent seulement pour leur vanité`, a-t-il constaté, martelant : `il n’y a pas de place dans l’Eglise pour la mondanité`. `Ce ministère on ne le cherche pas, on l’accueille avec obéissance, non pour s’élever mais pour s’abaisser, comme Jésus qui s’est humilié lui-même jusqu’à mourir sur la croix`.
Ce samedi le successeur de Pierre a remanié la Curie romaine de façon très significative, indiquant clairement que le décorum et la `capa magna` ne sont plus de mise, qu »il s’agit pour l’Eglise d’aller humblement de l’avant, au-delà de ses frontières – `andare oltre` – à la rencontre du monde tel qu’il est, et de lui révéler l’amour infini du Dieu vivant qui s’est fait chair en Jésus Christ.
Pour ma part, terminant un livre à paraître en 2015, je suis allé prier ces derniers jours dans un ermitage franciscain situé à Cortone, en Toscane, demandant au Seigneur de protéger ce Pape afin qu’il puisse accomplir sa mission : renouveler l’Eglise comme au temps de saint François.

Chers amis lecteurs, partagez vos avis, vos prières, de manière publique, j’aimerais en effet pouvoir davantage présenter sur ce blog les beaux témoignages personnels que vous m’adressez par mail. Ecrivez-moi de façon à ce que tous puissent profiter du cadeau de votre texte. Merci du fond du cœur par avance, et sachez que je reste bien uni à vous dans la prière

1 Comment

  1. Sylvie dit :

    Le bon pape François est le nouveau « François d’Assise » de notre époque. Il vient reconstruire l’Église, lui rappeler ses priorités (l’amour et le service des moins favorisés, le détachement des biens matériels)et remettre ses pasteurs dans le droit chemin.

    Il est une bénédiction du Ciel, le Bon Berger dont nous avions tant besoin à l’heure actuelle. Il nous incite toutes et tous à revoir notre vie et à nous rapprocher davantage de Dieu. Sylvie

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