Voici venu le temps de la miséricorde, pour que la caresse de Dieu parvienne à tous

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Nous avons eu un petit pincement au cœur quand, dans la basilique Saint-Pierre, le Pape a fermé la Porte Sainte du Jubilé de la Miséricorde. Plus de 21 millions de pèlerins l’ont traversée, venus de 156 pays, nous disent les statistiques du Conseil Pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, tandis que dans le monde près de 850 millions de fidèles ont vécu cette expérience spirituelle, passant les Portes Saintes ouvertes dans les églises diocésaines ou les sanctuaires. Cet exceptionnel temps de grâce pouvait-il se clore ainsi, nous laissant dans l’attente d’un prochain jubilé, en 2025 ? Le Saint-Père a devancé pareille question, publiant un document destiné à  faire comprendre que l’Année Sainte fut un entraînement, un exercice, pour accueillir la miséricorde dont nous sommes invités maintenant à devenir les instruments, en la diffusant partout.

Il a en effet signé publiquement sa nouvelle lettre apostolique Misericordia et misera – Miséricorde et pauvreté – le dernier jour de ce jubilé, dimanche dernier, fête du Christ Roi, après la messe en présence des nouveaux cardinaux, place Saint-Pierre. Une lettre qui trace « la route que nous sommes appelés à suivre à l’avenir », en fidélité à l’enseignement du Christ. « La Miséricorde ne peut être une parenthèse dans la vie de l’Eglise », explique François au début de cette lettre dont le contenu nous a été révélé lundi 21 novembre, en la fête de la Présentation de Marie. « Confions-nous à son aide maternelle et suivons son indication constante à regarder Jésus, visage rayonnant de la miséricorde de Dieu », écrit le successeur de Pierre en conclusion de ce grand texte précieux en propositions, où l’on reprend conscience que « tout se résout dans l’amour miséricordieux du Père ».

Tandis que « tel un vent impétueux et salutaire, la bonté et la miséricorde du Seigneur se sont répandues dans le monde entier », et alors que « le Seigneur nous a vraiment rendu visite une nouvelle fois », que « nous avons senti son souffle de vie se répandre sur l’Eglise », l’heure est venue de comprendre « comment continuer avec fidélité, joie et enthousiasme, à faire l’expérience de la richesse de la miséricorde divine ».

La pauvreté – misera en latin – qui est le second mot important du titre de cette lettre, réside – selon François – surtout en ce que « Dieu lui-même aujourd’hui demeure, pour beaucoup, un inconnu ». « Cela représente la plus grande pauvreté et l’obstacle le plus grand à la reconnaissance de la dignité inviolable de la vie humaine », écrit-il avec clarté au n°18 de Misericordia et misera. La Miséricorde est donc le remède urgent à une pauvreté morale et spirituelle liée à « la culture de l’individualisme exacerbé », en Occident, qui « conduit à faire disparaître le sens de la solidarité et de la responsabilité envers les autres ».

Le successeur de Pierre développe d’une part  la Miséricorde célébrée, notamment dans les sacrements, et de l’autre la Miséricorde vécue au quotidien de nos vies, dans nos rencontres.

Les Missionnaires de la Miséricorde, ce millier de prêtres pourvus des facultés spéciales du Pape pour pardonner les péchés graves, pourront poursuivre leur action féconde aux quatre coins du monde, sachant qu’au cours de l’Année Sainte les confessions ont augmenté en moyenne de 30% dans de nombreux lieux.

Tous les prêtres, et pas seulement les Missionnaires de la Miséricorde, auront la capacité d’absoudre le péché d’avortement, non seulement pour les femmes qui l’ont commis, mais pour les personnes responsables autour d’elles, spécialement dans le milieu médical.

Les prêtres de la Fraternité Saint Pie X, qui ne sont pas encore en pleine communion avec l’Eglise, auront la possibilité de confesser validement et licitement, comme ils l’ont fait durant le Jubilé de la Miséricorde, « jusqu’à ce que soient prises de nouvelles dispositions ». Il s’agit d’une main à nouveau tendue en vue de la réconciliation avec les catholiques lefevbristes, attachés à la messe tridentine, qu’ils considèrent être la messe de toujours, et opposés à certaines ouvertures voulues par le Concile Vatican II, en particulier par rapport au dialogue interreligieux.

Enfin, le Saint-Père souhaite que la Parole de Dieu soit davantage approfondie dans la communauté chrétienne, et il propose qu’un dimanche de l’année liturgique y soit entièrement consacré, sur les thèmes de la miséricorde, ce qui débouchera nécessairement sur des gestes et des œuvres de charité concrète.

Sur le plan directement social, François indique que « nous sommes appelés à faire grandir une culture de la miséricorde, fondée sur la redécouverte de la rencontre des autres ». « La culture de la miséricorde s’élabore dans la prière assidue, dans l’ouverture docile à l’action de l’Esprit, dans la familiarité avec la vie des saints et dans la proximité concrète des pauvres ».

Cette « révolution culturelle » sera favorisée par la célébration de la Journée mondiale des pauvres, le XXXIIIème  Dimanche du Temps ordinaire. « Ce sera la meilleure préparation pour vivre la solennité de Notre Seigneur Jésus Christ, Roi de l’Univers, « qui s’est identifié aux petits et aux pauvres et qui nous jugera sur les œuvres de miséricorde (Matthieu 25, 31-46) », souligne le Pape.

Plus largement, il considère que « le moment est venu de donner libre cours à l’imagination de la miséricorde pour faire naître de nombreuses œuvres nouvelles, fruits de la grâce » : l’Eglise a besoin aujourd’hui de raconter ces « nombreux autres signes » que Jésus a accomplis, et qui « ne sont pas écrits » (Jean 20,30), pour rendre visible la bonté de Dieu.

« Voici venu le temps de la miséricorde », répète cinq fois le Pasteur universel à la fin de sa lettre – peut-être en référence aux cinq plaies du Christ – « pour que personne ne puisse penser être étranger à la proximité de Dieu et à la puissance de sa tendresse », et qu’à travers le témoignage des croyants « la caresse de Dieu parvienne à tous ».

 

PS : Je reviendrai dans un prochain article sur la clôture du Jubilé et le Consistoire au cours duquel le Pape a créé de nouveaux cardinaux.

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