« Le message est arrivé »

Passeports pour le paradis
19 novembre 2017
Et si nous regardions intérieurement vers la « Jérusalem d’en haut » ?
9 décembre 2017

Certains s’offusquent régulièrement que le Pape François parle plus de dialogue que d’évangélisation, cependant il ne plie pas devant leurs critiques idéologiques, invitant depuis bientôt cinq ans l’Eglise que nous formons à un examen de conscience. Il souhaite « une Eglise pauvre pour les pauvres », rappelant qu’il n’y a pas d’autre moyen pour évangéliser que de se faire petit comme Jésus, le frère compatissant, l’évangélisateur par excellence. L’humilité du Christ ressuscité est en effet extraordinaire : sans dominer en « supérieur », il mange avec ses disciples et leur apporte la paix par sa présence surnaturelle, rayonnant d’une solidarité joyeuse et féconde. Le suivre consiste donc dans un choix d’amour, celui d’être « minorité » à ses côtés, aux périphéries, de s’identifier aux plus petits, dans une dynamique missionnaire qui n’a rien à voir avec un prosélytisme élitiste fauteur de guerre… La paix est prioritaire et elle se fait dans le respect, sans vouloir convertir personne car cela appartient à l’Esprit Saint lui-même.

Voilà ce dont le Saint-Père vient à nouveau de témoigner aux frontières de la Chine et de l’Inde, au cours de son voyage au Myanmar – l’ex-Birmanie – et au Bangladesh, parmi des populations majoritairement bouddhiste d’une part et musulmane de l’autre. Il s’agissait de son troisième déplacement en Asie, continent du futur, après la Corée du Sud en 2014, puis le Sri Lanka et les Philippines en 2015. Cette fois encore il a posé des ponts interreligieux, notamment en prenant la défense de la minorité actuellement la plus persécutée au monde selon l’ONU, celle des Rohingyas, ethnie musulmane chassée dans la violence, en quelques jours, du Myanmar vers le Bangladesh, à la fin de l’été dernier. Il a demandé pardon à ces 700 000 réfugiés pour l’indifférence internationale à leur égard, pleurant avec eux au dernier jour de ce périple, lors d’une rencontre bouleversante avec un groupe qui les représentait.

Son objectif a ainsi été atteint, depuis le Bangladesh, tandis qu’il avait auparavant pris le temps d’écouter et d’échanger avec les responsables du Myanmar, sans prononcer le mot de « rohingyas » pour éviter de fermer le dialogue, cherchant à « dire les choses pas à pas » comme il l’a expliqué aux journalistes dans l’avion du retour, offrant une véritable leçon de communication. « Je n’ai pas eu le plaisir de claquer la porte au nez, publiquement, par une dénonciation », a-t-il précisé, « mais j’ai eu la satisfaction de dialoguer, de faire parler l’autre, de dire mon opinion, et ainsi le message est arrivé ». « Tant de fois on dénonce, aussi dans les médias, avec quelques éléments d’agressivité qui ferment la porte, et le dialogue et le message n’arrivent pas », souligna le successeur de Pierre, éclairant en même temps la manière dont agit toujours la diplomatie de l’Eglise pour défaire les nœuds au service de la paix, comme ce fut le cas en particulier avec Pie XII lors de la Seconde Guerre mondiale.

Cette paix se défend dans le respect, l’écoute et le dialogue, pas à pas…. « Aujourd’hui nous sommes à la limite, il y a un risque de destruction de l’humanité, ou au moins d’une grande partie d’entre elle », a dit le Pape aux journalistes le 2 décembre, en revenant d’Asie, évoquant l’arsenal nucléaire sophistiqué des grandes puissances.

Au-delà de l’événement de ce grand voyage pontifical, chacun de nous peut prendre exemple sur le témoignage de François, pour faire ce que nous pouvons à notre niveau pendant ce temps de l’Avent, afin d’être témoins de l’Esprit Saint tous les jours, veillant à mettre l’Evangile en pratique concrètement, sans perdre une minute. « Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin ; s’il arrive à l’improviste, il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis » (Evangile de Jésus Christ selon saint Marc 13, 33-37).

1 Comment

  1. Madeleine dit :

    C’est bien expliqué je trouve, comment le Saint Père dit les choses dans un vrai dialogue avec qui l’écoute : au contraire du dénonciateur, il annonce comme les Anges avec délicatesse. Toute sa façon de faire est un témoignage. Merci .
    Madeleine.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Cher amie lectrice, cher ami lecteur,
n'hésitez pas à me confier votre adresse électronique si vous souhaitez que je vous tienne informés régulièrement de mes prochaines publications ou interventions publiques. Comme le prévoit la loi aucun autre usage de votre adresse ne sera fait sans votre accord préalable.
Je vous remercie de votre confiance.