La belle histoire de Notre-Dame de Pontmain nous parle aujourd’hui

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« Mais priez mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon Fils se laisse toucher »

L’apparition en Mayenne, dans l’ouest de la France, se déroule alors que la France perd une guerre qu’elle a elle-même déclarée, contre la Prusse. Nous sommes environ quatre mois après la défaite de l’empereur Napoléon III à Sedan, en 1870. La Vierge se montre à sept enfants, à Pontmain, le 17 janvier 1871. Les troupes allemandes assiègent encore Paris, qui s’apprête à capituler dix jours plus tard, au terme d’un siège épuisant qui dura plusieurs mois.

Dans la mémoire nationale française demeure le souvenir de la décisive victoire de Bouvines, contre l’empereur d’Allemagne excommunié par le Pape, remportée sous l’étendard royal bleu constellé de lys d’or, avec en tête des troupes l’oriflamme rouge de l’abbaye de Saint-Denis baptisé « Montjoie », trois couleurs dont est symboliquement revêtue Notre-Dame de Pontmain. Ainsi à nouveau l’actualité céleste est au rendez-vous de l’histoire des hommes, même si nos mémoires parfois embuées tendent souvent à refuser l’évidence de l’inlassable fidélité de Dieu.

Le peuple est cette fois encore dans une immense détresse : les Prussiens avancent. L’archevêque de Paris, ami de l’empereur, sera fusillé en mai 1871 par les communards, comme le voyant de La Salette, Maximin, le lui avait annoncé. D’autres exécutions sommaires de religieux auront lieu, avant que la France, en signe de pénitence et de réparation, se tourne vers le Sacré Cœur – pour exaucer enfin les demandes du Christ faites à sainte Marguerite Marie en 1689 – réalisant le « Vœu National » par la construction d’une basilique sur la colline de Montmartre. Pour se manifester à la France, Marie choisit précisément janvier 1871, le mois durant lequel est rédigé ce Vœu National…

 Aucune parole et un message écrit en lettre d’or

La mère cherche sans se lasser à prévenir et à protéger ses enfants. « Le Christ ne veut pas que nous marchions sans une mère » (François, Evangelii gaudium n°285). Ce soir d’hiver, dans le ciel de Pontmain, elle est vêtue d’une robe bleue parsemée d’étoiles d’or, on dirait une icône. Sa tête est couverte d’un voile noir, et elle porte une couronne dorée ceinte d’un liseré rouge. Elle sourit en regardant les voyants, tenant ses bras écartés et ses mains ouvertes, comme à la chapelle de la rue du Bac. Trois étoiles forment un triangle autour de l’apparition.

Eugène Barbedette, douze ans, était sorti de la grange où il travaillait avec son père pour « voir le temps », quand il aperçut cette belle dame à soixante-dix pas au-dessus de la maison d’Augustin Guidecoq. Plusieurs enfants de moins de 13 ans la verront avec lui. L’apparition dure plus de trois heures, en début de soirée, provoquant un rassemblement de prière auquel se joint le curé, Michel Guérin. Le chapelet est d’abord récité, suscitant l’accroissement de la taille de la Vierge disent les enfants, puis le Magnificat est chanté, les litanies aussi, ainsi que le Salve Regina.

Les paroissiens qui accourent scrutent ces signes célestes étranges; les enfants voient une petite croix rouge s’imprimer sur la robe, au niveau du cœur de la Vierge. Un ovale bleu l’entoure, et à l’intérieur quatre bougies encadrent l’ensemble. Aucune parole n’est prononcée, cependant des lettres d’or s’inscrivent mystérieusement sur une banderole que déchiffrent les voyants : « Mais priez, mes enfants. Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon Fils se laisse toucher ».

Quand le curé fait entonner « Mère de l’espérance », cantique traditionnel de Pontmain, la Reine des anges sourit. Pendant un autre cantique qui exalte Jésus-Christ, elle présente un crucifix rouge, avec une tristesse inexprimable. Le Christ est rouge vif et incline la tête. Une des étoiles vient allumer tour à tour les quatre bougies, pendant que Marie regarde le crucifix, les yeux baissés, en remuant les lèvres. Elle repart en s’élevant peu à peu au chant de l’Ave Maris Stella.

Bien sûr Pontmain s’inscrit dans un contexte historique particulier, avec une guerre où la France va perdre l’Alsace et la Lorraine, et qui pour une part suscitera la soif de revanche, illustrée durant le premier conflit mondial de 14-18 avec ses millions de morts. Pontmain reste actuel pourtant, dans la mesure où Marie confirme que notre prière est entendue : « Mon Fils se laisse toucher ». Son Cœur est touché par notre amour. Les supplications adressées lors des neuvaines à la basilique Notre-Dame des Victoires, à Paris, ont obtenu la fin de la guerre et le départ des prussiens en 1870-1871.

Nous ne devons pas rester indifférents comme s’il s’agissait seulement du passé.

Appelés à entrer dans la gloire du Ressuscité

Parfois nous nous sentons bien impuissants face aux guerres d’aujourd’hui, notamment au Moyen-Orient. La prière est pourtant très puissante sur le cœur de Dieu, est-ce que je le crois vraiment? Je veux croire que ma prière sera exaucée de façon surprenante, et bien au-delà de ce qu’elle exprime.

À Pontmain, pendant que les enfants et la foule ont prié le chapelet, le costume de la Vierge s’est mis à fourmiller d’étoiles, comme si Marie voulait nous faire comprendre l’importance cosmique de cette humble prière. Ai-je un chapelet dans ma poche, pour me relier régulièrement à Dieu ? Ce moyen simple d’unir le ciel et la terre est le secret des saints : Ô Marie apprends-moi à méditer avec toi les mystères de la vie de ton Fils, mon sauveur. Parmi ces mystères que je revisite grâce au chapelet, celui de la croix est central à Pontmain.

L’apparition du crucifix correspond au chant de pénitence entonné par la foule présente : «  Mon doux Jésus, enfin voici le temps de pardonner à nos cœurs pénitents ». C’est à ce moment-là que les quatre bougies se sont allumées, et j’y vois comme une évocation de la « ville carrée » décrite par l’apôtre Jean (Apocalypse 21), la Jérusalem nouvelle, l’Eglise, ce peuple racheté dans le sang du Christ, que nous formons, tous ensemble appelés à entrer dans la gloire du Ressuscité où Marie nous précède.

Ô Mère du Sauveur, tu pries comme tu respires, tu ne sors pas des mains de Dieu d’où nous venons et où nous retournons, alors je veux te contempler comme les enfants de Pontmain, me mettre à ton école pour retrouver le chemin de la prière du cœur, la prière continuelle. Auprès de la grande priante que tu es, l’amour éternel continue de me façonner à l’image du projet divin originel, par la puissance de la victoire pascale. Personne n’a autant expérimenté que toi le mystère de la croix, et tu ne cesses d’intercéder auprès de ton Fils pour les pécheurs que nous sommes.

Ô Mère de l’espérance, j’ai une immense confiance en toi : Dieu nous exaucera, dans peu de temps, comme tu l’as promis.

François Vayne, journaliste et écrivain, auteur de Prier 15 jours avec Marie au coeur de ses apparitions, aux éditions Nouvelle Cité : https://www.amazon.fr/Prier-jours-Marie-coeur-apparitions/dp/2853137678

 

3 Comments

  1. Raïssa dit :

    Merci pour ce bel article, à la fois historique et actuel, objectif et spiritualisant !

    Que Marie soit notre autoroute vers le Ciel.

    • François Vayne dit :

      Merci chère Raïssa, votre message m’encourage beaucoup à continuer de partager des réflexions spirituelles. Demeurons unis dans la prière, sur le chemin du Royaume!

  2. Andrée Vayne dit :

    Quel beau rappel de cette visite de Marie qui nous ouvre le coeur pour entrer et avancer dans la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Merci

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