J’ai vu l’Evangile en marche au cœur du monde !

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Quelle grâce de vivre l’Année de la foi à Rome… Je mesure chaque jour l’immense cadeau qui m’est fait depuis quelques mois, surtout depuis l’élection du pape François, rendue possible par la courageuse renonciation de Benoît XVI. Le nouveau pape, élu pour rénover l’Eglise, nous aide à comprendre que la purification ne peut pas venir de l’extérieur, simplement par des décisions de « gouvernement », mais qu’elle advient quand nous acceptons de guérir de ces choses mauvaises qui sortent du cœur de chacun, et qui nous contaminent, selon ce qu’explique Jésus dans l’Evangile de Marc (7, 20-23). Ainsi la corruption que combat Bergoglio, le pape François, c’est celle de l’âme. Le « péché global », qui touche aussi l’économie mondiale, est le fruit pourri de l’égoïsme et du repli sur soi. Evidemment ce combat profond, radical, qui s’attaque aux racines de la crise, ne peut pas entraîner tout de suite un changement dans les structures, mais il prépare à cet égard, sur le long terme, une vraie révolution. Il ne s’agit pas de changer d’hommes aux postes de commande, par un tour de passe-passe, mais de changer les hommes… C’est ce qui semble se produire depuis trois mois au Vatican, ou, au contact de François, les divers responsables retrouvent la fraîcheur de leur engagement premier, l’enthousiasme de suivre le Christ, et une certaine authenticité, peut-être aussi une nouvelle cohérence. Ainsi par exemple ce jeudi soir, pour la fête du Corps du Christ, les cardinaux de curie notamment marchaient au milieu de la foule, derrière le Saint Sacrement, dans une ambiance évangélique inoubliable. Ils ressemblaient vraiment aux apôtres entourant le Christ dans les rues de Jérusalem. « Vive Jésus » criaient spontanément les gens pendant la procession qui traversait Rome, via Merulana, et le pape lui-même s’effaçait, sans porter sa calotte blanche, évêque parmi les évêques, prêtre parmi les prêtres, baptisé parmi les baptisés, les yeux fixés sur l’hostie que transportait un char fleuri. Nous étions à quelques mètres de lui, avançant au même pas, de la basilique Saint-Jean de Latran jusqu’à la basilique Sainte Marie Majeure. Ces instants d’éternité avaient la dimension d’une « vision » prophétique, ils annonçaient un évènement futur, avec une sereine gravité, probablement la Parousie. Des mamans berçaient leurs bébés, des papas portaient leurs enfants sur les épaules, des familles entières étaient aux fenêtres, des jeunes sortaient des bars pour se joindre au mouvement, dans une intensité spirituelle rare au cœur d’une grande ville. Je crois n’avoir vu une telle multitude compacte et priante qu’à Manille, aux Philippines, en 1995, lors des JMJ avec Jean-Paul II. Mais cette fois c’est le Christ qui était acclamé, et pas le pape. « Vive Jésus ! »… « Ce soir nous sommes la foule de l’Evangile », avait dit François pendant la messe, sur l’esplanade de la basilique Saint-Jean de Latran, sa cathédrale d’évêque de Rome, avant le départ de la grande procession eucharistique. Si seulement les processions organisées ailleurs de manière folklorique et ennuyeuse pouvaient s’inspirer de cet évènement missionnaire vécu à Rome durant l’Année de la foi. Les images peuvent être vues et revues sur le site de la télévision vaticane. Rien de précieux, rien de « traditionnaliste », mais la vraie tradition de l’Eglise dans toute sa fécondité : l’Evangile en marche au cœur du monde. « L’Eucharistie est le sacrement de la communion, qui nous fait sortir de l’individualisme, pour vivre ensemble la foi en lui… », précisait le pape à l’homélie, paroles qui se sont manifestées ensuite durant cette longue marche populaire. Commentant l’Evangile de la multiplication des pains, François a martelé : « Nous ne devons pas avoir peur de la solidarité… Solidarité, un mot mal vu de l’esprit mondain ! ». Oui, c’est cette fraternité dans le Christ qui rend capables d’aimer les autres, de donner le peu que l’on possède, pour en faire une richesse partagée. Arrivés devant la basilique mariale, nous avons prié face à la grande icône de la Vierge Marie, Salus Populi Romani, que le Saint-Père avait voulu vénérer au lendemain de son élection, le jeudi 14 mars dernier. Le Christ nous donne sa mère, comme il l’a fait sur la croix, il ne nous laisse pas orphelins. Nous allons par Jésus à Marie, parce que toutes les grâces de l’Esprit Saint nous sont données par elle, dans les sacrements de l’Eglise. Le lendemain, vendredi 31 mai, nous avons récité le chapelet place Saint-Pierre avec le pape, en la fête de la Visitation de la Vierge Marie, et dimanche prochain, dans le monde entier, à 17h, nous sommes tous invités à prier pendant une heure, en vaste « réseau » universel, tandis que François se recueillera en silence devant le Saint-Sacrement dans la basilique vaticane. Ce sera une grande première, invisible, où nos cœurs s’uniront pour demander à Dieu de provoquer en nous, par la puissance de sa Miséricorde, « un renouveau d’engagement dans l’amour qui –selon une des intentions du pape – donne sens à la douleur, à la souffrance, et redonne joie et sérénité ». Avec l’Année de la foi, une bombe de grâces célestes s’apprête sans doute à exploser sur la terre !

2 Comments

  1. Alina dit :

    Bravo François pour ce bel article plein de joie ! Moi aussi j’ai profondément aimé cette procession pour la fête du Corps du Christ (vue via internet). Vive la Vie !

  2. André dit :

    Même à travers internet, on ressentait profondément ce souffle nouveau et on y prenait part. Merci de l’avoir si bien décrit et partagé.
    André

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