« Le Carême est le temps pour dire non à l’asphyxie de l’esprit »

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Chers amis lecteurs, je me fais rare sur ce blog en raison de l’écriture d’un nouveau livre dont je vous parlerai sans doute au printemps. Ce mercredi des Cendres est l’occasion de nous retrouver pour entrer en Carême, à l’écoute de l’enseignement du Saint-Père, tandis que la marche du monde semble entraîner l’humanité vers le pire. Les voix de la sagesse sont étouffées par des lobbies puissants qui diffusent dans l’opinion publique « la culture du déchet» : les personnes les plus vulnérables sont traitées comme des marchandises manipulables et jetables. « Nous sommes habitués à respirer un air où l’espérance est raréfiée, un air de tristesse et de résignation », constate le Pape François. Réagissons, avec lui, en disant « non à l’asphyxie de l’esprit ».

 

Dans son message pour ce Carême 2017, signé le 18 octobre dernier, le Pape nous invite à « intensifier la vie de l’esprit grâce aux moyens sacrés que l’Eglise nous offre », c’est-à-dire en pratiquant le jeûne, la prière et l’aumône. Pour autant, le danger serait une prière qui nous tranquillise la conscience, une aumône qui nous rend satisfaits, un jeûne qui nous fait nous sentir bien…

Afin d’éviter ces pièges, François souligne que la Parole de Dieu est « à la base de tout », nous proposant de méditer plus particulièrement la parabole de l’homme riche et du pauvre Lazare (Luc 16, 19-31).

Le pauvre y est présenté comme gisant devant la porte du riche et mangeant les miettes qui tombent de sa table, tel un déchet humain. Son nom signifie pourtant « Dieu vient en aide », car il a une valeur, invisible aux yeux du riche. Le Saint-Père demande que nous nous exercions durant ce Carême à accueillir l’autre, autant le voisin que le pauvre que nous ne connaissons pas, comme un don, une richesse, découvrant en lui le « visage du Christ ».

S’agissant du riche de la parabole, sa vanité masque le vide intérieur, il est au plus bas de la déchéance morale à cause de son orgueil. « Pour l’homme corrompu par l’amour des richesses, il n’existe que le propre moi et c’est la raison pour laquelle les personnes qui l’entourent ne sont pas l’objet de son regard », explique le Pape, citant l’analyse si actuelle de l’apôtre Paul : « La racine de tous les maux c’est l’amour de l’argent » (1 Timothée 6, 10).

Qu’emporterons-nous dans l’au-delà? Le riche de la parabole est dans les tourments, tandis que le pauvre est consolé. « L’au-delà rétablit une certaine équité et les maux de la vie sont compensés par le bien », commente François, qui nous encourage à profiter du Carême pour prendre conscience que nous sommes poussière

Ce mercredi, en nous imposant les cendres sur la tête, le prêtre nous le rappelle : « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras poussière ». Il est encore temps d’aimer Dieu et d’aimer le prochain, en vivant la Parole de Dieu. Les quarante jours du Carême nous montrent le chemin à suivre. « Que l’Esprit Saint nous aide à accomplir un vrai chemin de conversion pour redécouvrir le don de la Parole de Dieu, être purifiées du péché qui nous aveugle et servir le Christ présent dans nos frères dans le besoin », selon ce qu’écrit encore le Pape dans son message de Carême.

« Le geste des cendres par lequel nous nous mettons en chemin nous rappelle notre condition d’origine: nous avons été tirés de la terre, nous sommes faits de poussière. Oui, mais poussière dans les mains amoureuses de Dieu qui souffle son Esprit de vie sur chacun de nous et veut continuer à le faire » a-t-il précisé au cours de la messe de ce mercredi des Cendres, qu’il a voulu célébrer en la basilique Sainte Sabine, sur l’Aventin, à côté du siège de l’Ordre souverain de Malte.

Ce souffle de vie nous sauve de « l’asphyxie étouffante provoquée par nos égoïsmes, asphyxie étouffante générée par des ambitions mesquines et des indifférences silencieuses » a-t-il ajouté, considérant que nous sommes trop souvent « habitués à respirer un air où l’espérance est raréfiée, un air de tristesse et de résignation, un air étouffant de panique et d’hostilité ».

Dans ce contexte le Saint-Père affirme que « le Carême est le temps pour dire non », « non à l’asphyxie de l’esprit par la pollution causée par l’indifférence, par la négligence à penser que la vie de l’autre ne me regarde pas, par toute tentative de banaliser la vie, spécialement celle de ceux qui portent dans leur chair le poids de tant de superficialité… ».

Il nous exhorte à ne pas esquiver « les plaies du Christ présentes dans les plaies des frères », et à nous garder des « spiritualités qui réduisent la foi à une culture de ghetto et d’exclusion ».

Le temps est venu de nous demander avec François : « Qu’en serait-il de nous si Dieu nous avait fermé la porte. Qu’en serait-il de nous sans sa miséricorde qui ne s’est pas lassée de pardonner et qui nous a toujours donné l’occasion de recommencer à nouveau ? Où serions-nous sans l’aide de tant de visages silencieux qui, de mille manières, nous ont tendu la main et qui, par des gestes très concrets, nous ont redonné l’espérance et nous ont aidé à recommencer? ».

Ouvrons donc notre cœur au souffle capable de « transformer notre poussière en humanité ».

« Il n’est pas le temps pour déchirer nos vêtements face au mal qui nous entoure, mais plutôt pour faire de la place dans notre vie à tout le bien que nous pouvons faire, nous dépouillant de tout ce qui nous isole, nous ferme et nous paralyse. Le Carême est le temps de la compassion pour dire avec le psalmiste: « Rends-moi la joie d’être sauvé, que l’esprit généreux me soutienne », pour que par notre vie nous proclamions ta louange (cf. Ps 51, 14), et pour que notre poussière – par la force de ton souffle de vie – se transforme en «poussière aimée ».

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