« La miséricorde de Dieu est notre bouclier et notre force »

« Il n’y a pas de saint sans péché, ni de pécheur sans futur »
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Au coeur du Jubilé de la Curie romaine
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Chers amis lecteurs de tous les continents, j’étais occupé ces derniers jours à la relecture des épreuves d’un livre qui sera prochainement en librairie, dans lequel je retrace les trois premières années de l’actuel pontificat, de l’Année de la Foi au Jubilé de la Miséricorde. Publié chez Plon-Presses de la Renaissance, il s’intitule Merci François . La préface est une surprise, et la postface est de mon confrère journaliste Jean-Louis de la Vaissière (AFP Rome). Nous en reparlerons la semaine prochaine. Aujourd’hui revenons sur le voyage pontifical au Mexique, dont j’ai eu la grâce de commenter pour vous certaines grandes étapes sur les ondes de radio Vatican, parfois tard le soir en raison du décalage horaire. L’évêque de Rome revient d’un voyage au Mexique, qui a été précédé par une escale à Cuba, au cours de laquelle a eu lieu sa rencontre extraordinaire avec le patriarche de Moscou, marquant la volonté de réconciliation des Eglises catholique et orthodoxe séparées depuis près de mille ans. « Loin des vieilles querelles de l’Ancien Monde », selon l’expression de la déclaration commune du 12 février, ils ont affirmé leur volonté de réaliser la prière du Christ Sauveur : « Que tous soient un » (Jean 17,21). Depuis l’île qui symbolise les espoirs du « Nouveau Monde », à la croisée des chemins entre le Nord et le Sud, entre l’Est et l’Ouest, ils ont adressé une parole prophétique à tous les peuples, abordant les enjeux actuels importants pour l’humanité.
Ils lancent un appel poignant à la communauté internationale pour empêcher l’éviction des chrétiens du Moyen-Orient, et plaident en même temps la cause des migrants qui frappent à la porte des pays riches. Ils dénoncent les ravages du « sécularisme agressif » qui pousse les chrétiens aux marges de la vie publique. Ils prennent la défense du mariage entre un homme et une femme, de la famille naturelle, des enfants à naître, des personnes âgées et des infirmes, condamnant la « prétendue euthanasie » et rappelant « le droit inaliénable à la vie ».
Le miracle de ce rapprochement entre François, le pape de l’Eglise catholique, et Kirill, le patriarche de toute la Russie, est sans doute un fruit du martyre des chrétiens du Moyen-Orient qui, au prix de leur propre vie, ont préféré la mort à l’apostasie. « Ces martyrs de notre temps, unis par une commune souffrance, sont le gage de l’unité des chrétiens », considèrent en effet les chefs des deux Eglises, ouvrant de nouvelles perspectives, à la fois spirituelles et géopolitiques, capables de dépasser l’impérialisme ivre de lui-même, cet « ordre mondial » menteur qui a trop longtemps semé l’injustice et la division.

« Ne pas vous laisser traiter comme de la marchandise »

Dans un élan qui change déjà l’histoire, aux portes des Etats Unis d’Amérique, François a encouragé le peuple mexicain – et à travers lui tous les pays du Sud, dits pauvres – à combattre pour la dignité de la personne humaine. « La principale menace, c’est de croire qu’avoir une grosse voiture et rend heureux », a-t-il confié par exemple aux jeunes, dans le stade de Morelia, au cœur du Mexique, les invitant à toujours refuser de se faire « simples mercenaires des ambitions d’autrui ». « Je vous demande de ne pas permettre qu’on vous arrache de la main de Jésus, de ne pas vous laisser dévaloriser, de ne pas vous laisser traiter comme de la marchandise », a insisté le pape dans son discours à la jeunesse.
Du 13 au 17 février il a parcouru cette grande nation majoritairement catholique de 122 millions d’habitants, se laissant d’abord regarder par la Vierge Marie au sanctuaire de Guadalupe, s’adressant notamment aux indiens du Chiapas, puis aux familles à Tuxtla Gutiérrez, et aussi aux détenus de Ciudad Juarez, la ville la plus dangereuse du monde surnommée « la capitale du meurtre ».
« Celui qui a affronté la douleur jusqu’au plus haut point et dont nous pourrions dire « il a vécu l’enfer » peut devenir prophète dans la société. Travaillez pour que cette société qui utilise et jette ne continue pas à faire des victimes », a insisté François devant des prisonniers en chemin de réinsertion sociale, auprès desquels il a voulu montré que la miséricorde « embrasse tout le monde », et qu’il n’y a pas de milieu ni de gens qu’elle ne puisse toucher…

« Il est temps de réagir et de transformer, de modifier et de changer »

Partout le Saint-Père était acclamé au cri de « Vive le Christ Roi », en mémoire des « cristeros » qui ont lutté pour la liberté religieuse au XIXème siècle, comme José Luis Sanchez del Rio, martyrisé à l’âge de 14 ans, béatifié en 2005, qui sera bientôt canonisé.
Face aux nouvelles violences qui frappent les innocents, en particulier à cause du narcotrafic, du crime organisé et du drame de l’émigration, François s’est exclamé lors de la dernière messe sur le sol mexicain : « Plus de mort ni d’exploitation ! ». La célébration se tenait au bord du Rio Bravo, à la frontière avec les Etats Unis, avec la participation de 250 000 fidèles.
Là, point d’orgue de sa visite, le pape est revenu sur « le mystère de la miséricorde divine ». « La miséricorde pénètre toujours le mal pour le transformer », notait-il, ajoutant qu’elle révèle toujours « une possibilité de changement ». « Il est temps de réagir et de transformer, de modifier et de changer, de convertir ce qui nous détruit comme peuple, ce qui nous dégrade comme humanité. La miséricorde nous encourage à regarder le présent et à faire confiance à ce qui bat de sain et de bon dans chaque cœur. La miséricorde de Dieu est notre bouclier et notre force ».

2 Comments

  1. Marie Hélène dit :

    Le Saint Père a créé un pont de Miséricorde et d’Amour qui unit et ré-unit les hommes, peuple de Dieu, tous frères marchant dans les pas du Seigneur.

    Il est tel que le Christ nous veut….allant vers le petit, le souffrant…le malade…le pauvre…le pécheur.

    Plusieurs photos m ont touchée et émue aux larmes, par la compassion et l amour dégagés de notre Saint Père, qui touche, embrasse, enlace notamment tous ces enfants malades, à l ‘hôpital ou dans la rue.

    Il est d’un tel amour que le Christ transparaît dans le Saint Père . Que Dieu le porte et le soutienne dans son Ministère. Que Marie notre Mère l’accompagne sur la route qui le mène vers les hommes et femmes de toutes nations afin d’accomplir sa mission.

    Que le Christ Redempteur puisse par Son Représentant sur terre nous montrer et de-montrer que OUI la Miséricorde de Dieu est notre bouclier et notre force.

    Merci François (Marie Hélène, une de vos contacts fcb)

  2. Michèle Granon dit :

    Je tiens à vous dire à mon tour, »Merci François » pour cet article si chaleureux envers notre Saint-Père,et,oh combien partagé!
    Dés le début de son pontificat,notre Pape nous a surpris,en nous demandant de prier pour lui et je me souviens avoir pleurer de Joie en entendant ces paroles qui venaient de son cœur!Et comme notre monde actuel a besoin d’entendre de telles paroles,humbles et confiantes! Il nous fait prendre conscience,chacun,chacune,de nos manquements,de nos faiblesses,à quelque niveau que l’on soit,pauvre ou riche,intellectuel ou non,croyant ou non,…et nous dit inlassablement qu’il vaut mieux essayer de construire des ponts plutôt que des murs,et que la miséricorde de Dieu qui ne demande qu’à se répandre de cœurs en cœurs,est bien notre` bouclier` et notre `force` à tous,car nous sommes tous ses enfants!
    Bonne continuation dans l’achèvement de votre livre que j’aurais grande joie à lire,comme beaucoup d’autres je crois! Et toujours,bien sûr,en union de prière avec Maman Marie qui veille sur chacun de nous!Que Dieu vous bénisse ainsi que vos proches!Amitiés,Michèle.

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