Toute personne est enfant de Dieu, indépendamment de l’ethnie ou de la confession religieuse

Bernadette Soubirous
Par François Vayne
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« Dieu est notre Père, Jésus est notre Frère, l’Eglise est notre famille, notre loi est l’amour », résumait le Pape, s’adressant aux enfants à qui il venait de donner la communion dans la bouche, lundi dernier en Bulgarie. Une cascade de pétales jaunes et blancs manifestait la joie de ces moments, vécus par 245 premiers communiants en habits de fête, ayant reçu l’Eucharistie des mains du Saint-Père lui-même. Comme saint Pie X, qui avait souhaité abaisser l’âge de la première rencontre avec Jésus dans le sacrement eucharistique, François fait une immense confiance à l’action de la grâce plus qu’à la préparation humaine.

Ainsi porté par cette foi à déplacer les montagnes, il a encouragé les catholiques de ce pays-pont situé aux périphéries de l’Europe, à constituer une « Eglise-famille-communauté qui accueille, écoute, accompagne, se préoccupe des autres en révélant son vrai visage qui est un visage de mère ». Porte-parole de cette « Eglise-mère », le successeur de Pierre a exprimé sa proximité avec les chrétiens orthodoxes, majoritaires, parlant d’un triple oecuménisme, du sang, du pauvre et de la mission.

Commémorant Angelo Roncalli, le futur saint Jean XXIII, qui fut représentant pontifical en Bulgarie, il a invité les chrétiens des diverses confessions à « cheminer et faire ensemble pour donner témoignage au Seigneur, en particulier en servant les frères les plus pauvres et oubliés, dans lesquels Il est présent ». Là se situe sans doute la clé de son enseignement pontitifical délivré depuis six ans : toucher les plaies du Christ, comme l’apôtre Thomas après la résurrection, et  accueillir sa miséricorde qui en rayonne comme source de paix…

« Si nous mettons ensemble la main dans ces plaies et confessons que Jésus est ressuscité, et si nous le proclamons notre Seigneur et notre Dieu, si en reconnaissant nos manques, nous nous immergeons dans ses plaies d’amour, nous pouvons retrouver la joie du pardon et avoir un avant-goût du jour où, avec l’aide de Dieu, nous pourrons célébrer sur le même autel le mystère pascal », a notamment souligné François à Sofia devant le Patriarche orthodoxe Néophyte.

« Un saint disait que le corps de Jésus crucifié est comme un sac de miséricorde, qui parvient à nous tous à travers ses plaies », avait expliqué le Pape quelques jours avant, place Saint-Pierre à Rome, lors du dimanche de la Miséricorde. « Nous avons tous besoin de la miséricorde, nous le savons. Approchons-nous de Jésus et touchons ses plaies dans nos frères qui souffrent. Les plaies de Jésus sont un trésor : c’est de là que sort la miséricorde. Soyons courageux et touchons les plaies de Jésus. Avec ces plaies, il se tient devant le Père, il les montre au Père, comme s’il disait: « Père, c’est le prix, ces plaies sont ce que j’ai payé pour mes frères ». Avec ses plaies, Jésus intercède devant le Père. Il nous donne la miséricorde si nous nous approchons, et il intercède pour nous. N’oubliez pas les plaies de Jésus » (Regina Cæli, 28 avril 2019).

C’est cet appel qu’il a de nouveau développé concrètement pendant son voyage apostolique en Bulgarie et en Macédoine du Nord, du 5 au 7 mai. Il a en ce sens proposé à tous de marcher dans les pas de saint François d’Assise, au cours d’une rencontre interreligieuse qui concluait son périple bulgare, suggérant qu’avec « le feu de l’amour », nous fassions fondre « le gel des guerres ».

En Macédoine du Nord, sur une terre marquée par la prédication de saint Paul (actes des apôtres 16,19), François a rendu hommage à sainte Mère Teresa, dans sa ville natale de Skopje, où se côtoient les minarets des mosquées, les coupoles des églises byzantines et les croix latines, demandant à Dieu qu’il nous donne « un cœur capable d’aimer Dieu présent en tout homme et toute femme et capable de le reconnaître dans ceux qui sont accablés par des souffrances et des injustices ».

« Qu’il nous accorde la grâce d’être nous aussi un signe d’amour et d’espérance en notre temps qui voit tant de démunis, de laissés-pour-compte, d’exclus et de migrants », ajouta le Pape, le jour où nous apprenions la mort d’un autre grand témoin des Béatitudes évangéliques, Jean Vanier, fondateur de l’Arche.

« Ils n’ont pas voulu citer les racines chrétiennes, mais Dieu s’est vengé ! », avait lancé le Vicaire du Christ, ironique et énigmatique, à un journaliste au début de ce voyage. Sans doute s’agit-il d’une « vengeance d’amour », à travers ceux qui choisissent de sauver l’âme de l’Europe en incarnant radicalement le message chrétien, sans concession aucune pour les nationalismes étriqués, parce que comme il l’a rappelé en Bulgarie, dans le camp de réfugiés de Vrazhdebna, « toute personne est enfant de Dieu, indépendamment de l’ethnie ou de la confession religieuse ». 






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