Doit-on craindre un nouveau schisme dans l’Eglise?

Méditation pour l’Assomption
15 août 2019

Une Assemblée spéciale du Synode des évêques se déroulera bientôt à Rome, autour du Pape François, du 6 au 27 octobre, sur le thème de l’Amazonie. Il s’agira notamment, en marge de la défense de la biodiversité, de réfléchir à de nouveaux ministères pour que les sacrements tels que l’eucharistie rejoignent des populations éparpillées sur un immense territoire où les prêtres sont peu nombreux. Les oppositions aux ouvertures pastorales de ce pontificat se cristallisent déjà et la polémique enfle, spécialement par rapport à l’éventuelle ordination sacerdotale d’hommes mariés dans l’Eglise catholique de rite latin.

Au retour de son récent voyage en Afrique le Saint-Père a assuré, devant les journalistes, qu’il prie pour qu’un schisme soit évité. « Je n’ai pas peur », a-t-il souligné à ce sujet, rappelant que dans l’histoire de l’Eglise des séparations élitistes se sont régulièrement produites, formes de dérives sectaires, en raison toujours d’une « idéologie détachée de la doctrine » inspirée par une morale rigide.

Ainsi donc, ceux qui le fusillent de leurs critiques peuvent se le tenir pour dit, il ne déviera pas de la voie de renouveau tracée dans le vent de l’Esprit Saint. D’ailleurs le peuple est avec lui, comme nous avons pu le constater de nouveau au cours de sa quatrième visite sur le continent africain, début septembre, au Mozambique, à Madagascar et à l’île Maurice, où des dizaines de milliers de personnes, souvent très jeunes, ont acclamé son message fraternel.

La joie était au rendez-vous, « signal que l’on est parmi le peuple et non dans une élite » a-t-il commenté, et partout des enfants lui étaient présentés, comme le véritable trésor de leurs parents. La population globale de l’Afrique augmente plus vite que celle de tout autre continent : là se dessine probablement l’avenir de l’Eglise catholique. C’est ce que le Pape, venu du Sud, a voulu nous faire comprendre, tournant le dos aux polémiques de salon qui occupent certains cercles idéologiques repliés sur leurs peurs, en Europe occidentale et aux Etats Unis.

L’étape malgache à la Cité de l’amitié-Akamasoa, fondée par le prêtre argentin Pedro Opeka, illustrait parfaitement l’Evangile des Béatitudes, levain de vrai bonheur, que François nous entraîne à mettre en pratique, conjuguant respect de l’environnement et justice sociale, contre la tentation du bien-être égoïste. Selon lui cette recherche effrénée du bien-être est à la racine de l’hiver démographique et de la tristesse qui le caractérise en Occident.

Les flèches acerbes qui lui sont envoyées par médias interposés proviennent d’un vieux monde qui se meurt, cramponné à ses richesses derrière des murs qui tôt ou tard s’écrouleront. Ces « écoles de rigidité pseudo-schismatiques finiront mal », a prévenu en substance le successeur de l’apôtre Pierre, nous mettant en garde par rapport aux chrétiens, aux évêques et aux prêtres rigides qui ne respirent pas « la santé de l’Evangile ». Il a plaidé enfin pour accompagner avec douceur ces personnes dont la rigidité cache souvent des problèmes, confiant dans « le peuple de Dieu qui nous sauve des schismes », grâce à son sens de la foi.

Demandons au Maître du temps et de l’histoire, par l’intercession de Marie, que François accomplisse sa mission réformatrice et que les semences de son témoignage portent des fruits abondants.   

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